ACTE II, SCÈNE III
déjà redevenue depuis longtemps la plus fidèle et la plus aimante des épouses. J'en suis là, et je me demande ce qu'il va faire le mari. Pardonnera-t-il? Qu'en pensezvous?
ANTOMN
Hé! Hé! Je manque de renseignements pour faire un pronostic. D'abord, comment a-t-il appris la vérité, ce mari?
MARTBE
Ah! C'est vrai. J'oubliais de vous dire... Une vieille lettre découverte dans un buvard.
ANTONIN
Alors, le cas est douteux... et cela parce que, sans cette lettre trouvée par hasard, le mari n'aurait rien su. Peutêtre que s'il y avait eu confession spontanée.
MARTHE
Ah! Vous trouvez?
ANTONIX
Oui... Ça devient tout de suite plus noble. Il y a certitude que la femme regrette l'acte commis et que les mensonges qu'il doit entraîner lui font horreur.
MARTHE
Oui. {Comme réfléchissant sur les paroles dWntonin.) La confession spontanée... volontaire... à laquelle rien n'obligeait une femme... [/in souriant.) Mais savez-vous qu'il y aurait un joli roman à faire avec ça?
ANTONIN
Oui... Je ne dis pas...
MARTBE
Tenez... une femme, bien que n'ayant jamais cessé d'aimer réellement son mari, aurait cependant commis une faute...
AMOM.N
Elle est bonne celle-là I Si elle aime son mari, comment expliquez-vous qu'elle l'ait trompé?
MARïQE, souriant.
Ah! Je ne peux pas vous dire exactement. Ce n'est pas mon métier de faire des livres. Mais imaginez les circonstances les plus atténuantes. Rien de prémédité de la part de la femme, bien entendu. Pas l'ombre de coquetterie avec l'homme en question, car cet homme n'existait pas pour elle.
A.NTOMN, haussant les épaules.
Alors vous enlevez toute vraisemblance à sa chute. (A Gabrielle.) Qu'en dis-tu, (labrielle? [Gabriclle sursaute, sans trouver quoi répondre.) Quoi? Tu dormais?
GABRIELLE, vivement.
Non., non... Je réfléchissais à ton objection.
ANTO.Mx, toujours à Gabrielle.
Voyons... si, vraiment, c'est une nature loyale et droite, pourquoi aurait-elle succombé? A quel propos? A la suite de quelle imprudence?
GABRIELLE, regards échangés avec Marthe, après un effort et d'une voix très calme.
N'aurait-elle pu, un jour, se trouver seule chez cet