‹ Madame AgnèsChapitre 6 sur 189 · SCENE III HENRI, SARAH · texte numérisé non relu

SCENE III HENRI, SARAH

Henri fait quelques pas vers la porte comme pour bien s'assurer qu'Agnès et Prosper sont partis et revient vers sarah.

HENRI, à part.

Dépêchons- nous avant qu'Agnès vienne, (a sarah. Voici trois heures que vous êtes chez moi... Nous avons dîné ensemble... et c'est la première fois que je trouve une minute pour rester seul avec vous.

8 MADAME AGNEG

SÂRAH.

Toujours épris, alors ?

HENRI

Plus que cela, emballé!

SARAH

Emballé!... Oh! charming... c'est... comment vous dites ça... vous autres Parisiens?... un mot d'argot, n'est-ce pas?... Emballé!... Oh! charming indeed.

HENRI

Je vous adore.

SARAH

Vous m'adorez... very well... Eh bien! et votre femme, qu'est-ce que vous en faites?

HENRI

Je la laisse tranquille dans ces moments-là.

SARAH

Aoli! mais elle est charmante, votre femme, beautiful...

HENRI

Je le sais bien... aussi je l'adore... Mais ça n'empêche pas.

SARAH

Vous l'adorez'... Oh curieux, curieux... Et vous voulez la tromper?

HENRI

Avec vous!... Si vous trouvez que ça n'est pas une excuse.

SARAH

Non, ce n'est pas sérieux.

ACTt: l'Rli.MItK . 9

HENRI

Pas sérieux? Quand je vous dis que je suis emballé.

SARAH

Vous m'étonnez... voyon>... je voudrais savoir... Quelle idée vous faites-vous donc de moi? HENRI, la déshalDillant du regard.

Ne me le demandez pas... j'en rêve! • SARAH, regardant un album, sur une petite table. Quel est ce joli petit garçon?

HENRI

C'est moi à cinq ans.

SARAH

Aoh! Charmingl Mais comment il vous est donc arrivé... ce grand... comment dites-vous ça o emballement » n'est-ce pas?

HENRI

Par le rapide de Paris à Saint-Germain. Vous en souvenez-vous? [Jn jour nous nous trouvâmes seu's tous les deux dans le compartiment, ^ous causâmes. C'est A'otre accent qui me séduisit, car vous avez de l'accent... Charming! Nous descendîmes ensemble du train el je vous demandai la permission devousaccompagner. Je m'aperçus que nous demeurions porte à porte. Ma femme fît votre cannaissance et moi celle de Sir Jackson, votre mari. Je me mis tout de suite à vous adorer et j"osai vous le dire. Vous avez bien voulu me promettre aussi de m'aimer un peu. Mais le temps marche... marche et... rien. Vous m'avez dit d'abord : ce sera pour Pâques; vous m'avez remis ensuite à la Pentecôte... Nous voici en ce moment à l'ouverture de la chasse... et vous vous dérobez tou-

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jours. Votre mari avait eu la bonne idée de partir pour l'Amérique surveiller ses puits de pétrole ; j'avais espéré lâchement profiter de son absence... mais le voici qui revient...

s A R AH.

Oui... demain... huit jours plus tôt qu'il n'avait dit.

HENRI

Demain... Ah! Sarah! comme nous avons perdu du temps !

SARAH

Que voulez- vous dire?

HENRI

Je veux dire que je vous connais depuis près de cinq mois... Enfin... c'est cinq mois de perdus.

SARAH

Ecoutez, j'ai des remords.

HENRI

Vous avez tort. C'est plutôt gênant les remords.

S.VRAH.

Attendons... Voulez-vous?

HENRI

Que votre mari soit revenu?

Oui... je vous assure... C'est moins mal quand il est là... Au moins... nous risquons... C'est plus... comment dites-vous ça?,.. C'est plus chevaleresque?...

HENRI

Nous risquerons aussi bien après. Non. Je n'attends plus. Et regardez comme tout conspire à favoriser notre aventure... Sous le prétexte que vous devez aller à

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