ACTE TROISIEME
AGNÈS
Parce que vous ne sortiez jamais de la vôtre avant ce moment et que si j'avais été plus matinale que vous, vous vous seriez cru obligé de m'imiter... ce qui vous aurait peut-être ennuyé.;.
HENRI
Je n'avais pas soupçonné cette pensée délicate de votre part. Je vous en remercie rétrospectivement.
... Sitôt prête, quand le temps sera beau, je mettrai mon grand chapeau qui me va si bien et je m'en irai promener par la campagne ; la coquetterie n'est pas exclue de mon programme.
HENRI
Vous voulez plaire là-bas sans doute? Vous ne m'aviez jamais fait l'honneur de le mettre, pour moi, ce chapeau. Il est vrai... puisque vous en aimiez un autre, que j'étais quantité néghgeable, moi.
AGNÈS
Je l'avais hier toute la journée... ce chapeau... Tenez, le voici encore. (Elle va au fond de la jnèce, prend le chapeau et le met.) N'est-ce pas, il me va bien?
HENRI
Divinement. C'est curieux... Je n'avais pas remarqué, r AGNÈS, elle enlève son chapeau.
Rentrée à la maison... je lirai ou je travaillerai... Dans l'après-midi j'irai voir mes pauvres. J'en aurai encore plus là-bas qu'ici.
IIEXRI.
Vous ne m'aviez jamais raconté... . - -
AGNÈS
Ces choses-là ne se crient pas sur les toits.
HENRI
Vous avez bon cœur.
Merci. Le soir....
HENRI, inquiet.
Le soir?
AGNÈS
Mais tout cela vous est indifférent ?...
HENRI
Non... non... continuez...
AGNÈS
Le soir, je ferai de la pâtisserie... Oh! j'aime ça, confectionner des pâtes dans ces grands fourneaux de nos cuisines de campagne... j'ai un talent pour les tartes...
HENRI
Mais pourquoi ne m'en avez vous jamais fait?... J'aime beaucoup les tartes... moi aussi...
AGNÈS
De moi, vous les auriez sans doute trouvées mauvaises...
HENRI
Mais vous ne m'avez raconté qu'une partie de votre existence là-bas... vos travaux de ménage et vos occupations de l'esprit... mais les autres... celles du cœur... Il est peu probable... séduisante comme vous êtes...