ACTE PREMIER
taire 1 une noce entre soi. Pas d'invités éloignés, toujours pour aller plus vite. — C'est tout juste si nous avons pu avoir le maire. Et le soir raénie, nous partions pour l'Italie.
MARIE
Mais il me semble que de là-bas, au moins, tu as dû faire... quelques pauses?
GLOTILDE.
Mais quoi t'écrire ? Te vanter mon bonheur ? J'ai eu peur que la fantaisie ne te prît de comparer avec mes lettres du... de... enfin celles que je t'envoyais d'Espagne, quand Hippolyte...
MARIE, après un temps.
Je n'en reviens pas! Toi qui te trouvais si bien du veuvage !
GLOTILDE.
Les premiers jours. Mais depuis quelque temps, va... je sentais le vide...
MARIE
C'est curieux. Riche, jolie, libre... Qu'est-ce que tu recherches dans le mariage?
GLOTILDE.
Le mari.
Pourquoi faire?
GLOTILDE.
Pour faire... le mari. Tu ne peux pas juger, toi... tu aimes Henri... Henri t'aime... Mais moi, moi j'étais seule, toute seule... mets-toi à ma place.
MARIE
Je m'y mets.
GLOTILDE.
Vois-tu, je sentais cela. Je me disais : si je reste ainsi comme je suis .. un jour ou plutôt un soir... — oui, c'est le soir surtout dont j'avais peur... —je ferai quelque sottise... Et comme je suis une honnête femme, je veux éviter cela.
MARIE
Alors, tu t'es mariée uniquement pour...
GLOTILDE.
Oui, pour... enfin, pour faire une sottise qui n'en soit pas une.
MARIE
Et alors... Prosper? donne-moi son signalement
GLOTILDE.
Brun... fort... solide.
Bravo !
GLOTILDE.
Plus de la toute première jeunesse... quarante ans... mais comme il a toujours vécu en province...
MARIE
Oui... cela conserve, la province. Et tu vas demeurer à Tours, à présent?
GLOTILDE.
Y penses-tu! nous venons d'acheter une charge à Paris.
MARIE
Allons! je te souhaite beaucoup de bonheur.