‹ Madame Andre comedie en un acte (volume 2)Chapitre 13 sur 44 · ANDRÉ. I I · texte numérisé non relu

ANDRÉ. I I

Sapristi, oui... il faut bien faire quelque chose... vingt louis.

EMMA, s'approtiliant de lui.

Oh ! vingt-cinq !

<1 ANDRÉ

Vingt-cinq 1,.. Tu orpis? ça se peut bien... avec mon sac...

(«s reprenant) môn mapdU gjUigUOD.

EMMA, (peaant ses parolea. i.

Et c’est pour vous étourdir là-dessus que vous avez pris tant de verres de punch?

ANDRÉ.» > !■

Oh ! il faut bien faire quelque chose... trois petits.

EMMA

Cinq, s’il vous plait, cinq grands verres...

ANDRÉ, surpris.

' Ahilu...

. , EMHA.

Je les ai comptés. ^ '

ANDRé.

Gomment!... malgré ta danse^ tuas jeté tout de même ton coup d’œil?... .

EMMA

’ Oui, monsieur, et j’ai bien vu que votre tête s’échauffait.

ANDRÉ

Parbleu !... ils étaient là une douzaine de beaux messieurs à m'entreprendre avec leurs questions de l’autre monde... je ne dis rien de ce petit mirliflor, air goguenard, moustache en croc, qui me retournait sur la litte^rature... mais quand j’ai surpris dans un petit coin des chuchotlements sur notre^ ménage... Oh! dame !... ça a commencé à se gâter.

EMMA

C’est alors que je vous ai pris par le bras pour quitter les salons.

ANDRÉ

El tu as bien fait : sans ça, morbleu ! (Mcovement d’Emma.) Je sais ce oue tu vas me dire : je t’ai promis de ne pas jurer, de ne pas boire, de ne pas crier trop tort, etc., etc... mais, que veux-tu?... on a beau être civilisé, il y a des moments où, malgré soi, on se retrouve ce qu’on a été, un campagnard, un paysan. ^

, EMMA

Ab! mon ami...

ANDRÉ

Tranchons le mot, un rustre, comme mon cousin Mathieu.

■' EMMA, rianU

Ah! ce fameux M. Mathieu, dont j’ai été jalouse?

ANDRÉ

Jalouse ? à quel propos?

EMMA. '

On disait qu'il avait tant d’empire sur vous...

ANDRÉ

Oh ! peut-être, autrefois... tu sais, entre deux camarades...

le plus fort..i (Il fait le geste de donner un coup de poing.)

EMMA

Et pourtant, quelle différence ! si l’éducation vous a manqué en partie, vous avez eu l’instinct des bonnes et des belles choses... De simple cultivateur, vous étiez devenu, par votre intelligence, l’homme de confiance, presque l’associé du fermier de ht belle terre de la Roseraie... vous aviez imaginé des méthodes de culture toutes nouvelles.

ANDRÉ

Oui, oui, j’avais les idées à ça... mais aussi quel beau pays!.., c’est là que je suis né et que j’ai grandi sous les yeux de mon pauvre père, l’ami du tien, et que je me suis mis de moi-môme à faire toutes sortes d’essais... et avec un bonheur!.. Je voyais déjà mes plantations s’élever et mes récoltes doubler,

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