SCÈNE If
AMÉDÉE, puis EDGARD « RABINEL.
AMÉDÉE, seul.
La maladroite ! M. André demande peut-être, dans celte lettre, qu'on permette à mademoiselle Louise de venir passer ici la journée de demain dimanche... et ils sont si rares les instants OÙ j’ai le bonheur de la voir I (Edgard et Rabinel se rencontrent it la porte.)
EDGARD
Passez donc, mon cher monsieur Rabinel.
RABINEL.
Après vous, mon cher monsieur Edgard.
AMÉDÉE, à part.
Encore ce jeune dandy et ce faiseur d’affaires! (ii se remet à ses
écritures.)
RABINEL, regardant autour de lui.
Je croyais trouver ici M. André.
EDGARD
J’espérais rencontrer Madame. (Amédée les salue d’un signe de tête.)
RABINEL, t Edgard.
Un élégant de la Chaussée-d’Antin, à cette heure-ci rue Mauconseil?
EDGARD
Et vous, mon cher spéculateur, déjà en campagne?... Est-ce que, la maison Rabinel et O voudrait vendre à notre ami André les récoltes de sa dernière acquisition dans la Beauce?
RABINEL.
Vous n’y êtes pas.
EDGARD
Au fait, j’oubliais que vous autres, messieurs, vous n’achetez ces terres seigneuriales que pour les déchiqueter et les revendre en détail, morceaux par morceaux ; c’est le vandalisme du dix-neuvième siècle.
RABINEL.
Que voulez-vous, mon cher gentilhomme, il n’y a plus aujourd’hui que de petites bourses; il faut bien se mettre à leur portée...
EDGARD. '
Pour les délier plus aisément.
RABINEL.
Eh! eh 1 les petites bourses font les gros portefeuilles. (A Amédée.) Ainsi, monsieur Amédée , le patron est déjà en courses? C’est inouï comme je joue de malheur! députe quatre jours, à quelque heure que je me présente, impossible ae le rencontrer.
AMÉDÉE.' ,
Madame va venir, si vous voulez...