SCÈNE Xilf
MATHIEU
J’aime sa dot aussi. (En colère.) Ah ben!... ce serait gentil qu’Aridré soufïrisse qu’on ferait un pareil affront à un ami !... S’il en était capable, voyez-vous, je ne remettrais jamais les pieds ici.
EMMA
Ce serait fâcheux pour nous sans doute, monsieur Mathieu.
MATHIEU
Fâcheux ! fâcheux ! dites tout de suite que vous'en seriez bien aise.
EMMA, souriant.
Ah ! ces choses là ne se disent pas... mais...
MATHIEU
Mais on les pense, pas vrai ?
EMMA, saluant.
Ah ! qu’on a bien raison, monsieur Mathieu, de vanter votre perspicacité !
MATHIEU. f
Perspiscas... qu’est-ce que c’est que ça?
EMMA, lui riant au nez-
Ah ! ah ! ah !
MATHIEU
Apprenez que je n’ai pas plus de pcrspiscace... que vous... Je suis un honnête homme, moi!... (A part.) V’ià qu’elle m’injurie à c’t’heure? (Amédée entre.)
EMMA. ■
Pardon, monsieur Mathieu; vous n’avez peut-être que bien peu de moments à passer à Paris, et je me reprocherais d’en abuser à mon profit.
MATHIEU, à part.
Je crois que ça veut dire qu’elle me flanque à la porte.
EMMA, faisant la revérence.
Monsieur Mathieu... je vous salue.
MATHIEU
Serviteur, m’ame André... (A part en s’en allant.) Ah! tu me refusés ta nièce!... minute... je vas déjeûner... ça porte conseil... (Haut à Emma qui le suit des yeux.) Oh !... ne VOUS dérangez
pas... serviteur obéissant, m’ame André... mais je vous dis
pas adieu... (A part en sortant et enfonçant son chapeau.) NOUS nOUS re-
voirons, m’ame André.