SCÈNE V
i.es mêmes, LE BARONNET.
Miss Nisida ?
nisida, avec indifférence.
Tiens! c’est vous ! ( Elle continue a écrire sans se retourner.)
LE BAftONNET.
Oui, je venais moi-môme... (A part.) J’ai réfléchi qu’il n’était pas bienséant d’envoyer le petit cadeau par mon tigre.
* Nisida, Justine.
LES FANTAISIES DE MILORD
NISIDA
Justine, tu vas faire porter tout de suite ces deux billets.
JUSTINE
Oui , madame.
LE BARONNET
Billets... doux P
NISIDA
Peut-être bien. (Bas à Justine, venue auprès d'elle derrière le guéridon.) Pont-Cassé et Gaston; je les invite à diner : val ( Justine sort. Le baronnet vient s'accouder sur le dossier de la causeuse. Nisida se lève et va se lisser les cheveux devant la glace de la cheminée.) Par quel hasard vous revoit-on encore? Est-ce que vous aviez oublié votre canne ?
LE BARONNET
Oh ! no.
nisida, sans se retourner.
Ayant écrit pour prendre congé, vous pouviez ne pas vous donner la peine de revenir.
LE BARONNET
C’est que...
nisida, devant la glace , chantant.
Tra la la, la la la la.
LE BARONNET, O part.
Elle avait ce matin un petit air piquant. (Haut. ) Je suis venu pour prier vous'd’accepter un petit souvenir. (Il lui présente un écrin.)
nisida , ouvrant la boite.
Des boutons de diamants?... Ils sont assez gentils! (Passant devant le baronnet.) Il y a un prince russe qui m’offre toute une parure. ( Elle jette négligemment la boite sur le guéridon.)
LE BARONNET, à part.
Un prince rousse !
nisida, s’asseyant.
Vous quittez donc Paris, mon cher baronnet? Eh bien! bon voyage !
LE BARONNET
Oh !
NISIDA
Pardon, si je ne vous retiens pas; j’ai à sortir... mon engagement à signer.
le raronnet, s’approchant.
Est-ce que vous reprenez le théâtre?
nisida.
Les stalles d’orchestre menaçaient de s’insurger.
LE BARONNET
Mon voiture est 'en bas ; je vais brouetter vous chez le directeur.
Merci... on doit venir me chercher.