SCÈNE V
NISIDA
Et pourquoi romprait-il, quand depuis huit jours à peine je consens à recevoir ses visites; quand pour lui, pour qu’il ne soit pas jaloux, j’ai mis tous mes amoureux à la réforme?
JUSTINE
C’est vrai, je cherche... car bien sûr, il y a quelque chose.
NISIDA
Tu es folle!... ( Apercevant le billet que le baronnet a déposé sur le guéridon.) Tiens! quelle est celte lettre?... du baronnet!... (Après avoir Ju.)Il part!... il me fait ses adieux... de la manière la plus glaciale. .
JUSTINE
Qu’est-ce que je vous disais... Je voyais bien, moi, qu’il descendait au-dessous de zéro.
NISIDA
Comment?... il me trouve toujours d’une humeur égale?... On l’aime, on est sage, et ce gros Britannique...
JUSTINE
Ma foi! madame, si j’étais à votre place, je ferais comme tant d’autres... je m’amuserais, je dirais : Au diable le pot-aufeu !
nisida, sévèrement.
Justine ! ( Changeant de ton.) Bah! tu as raison, * la vie est si courte! je veux me distraire, m’étourdir! Il croit sans doute que je vais me désoler!
Ah! par exemple!
NtsiDA, avec dépit.
J’en serais bien fâchée; et d'abord, comme je ne crains plus de me compromettre, je vais faire revenir Pont-Cassé et Gaston pour m’amuser à leurs dépens, et prendre ma revanche de leur insolent pari. (Elle s'assied pour écrire.)
JUSTINE
Madame, un revenant! le baronnet!
nisida, avec émotion.
Ah ! (Réfléchissant.) Tant mieux! il verra qu’on se console aisément de sa perte. (Elle écrit.)