ACTE PREMIER
MADAME GRIOIP, k madame Berlin, el d'nn ton plue sérieux que
d'habitude.’
Ma chère Laure, je crois vraiment que Jeanne serait heureuse. (Elle se sent baiser la main ; elle se retourne et voit que c’est par Georges. En se sentant baiser l’antre main, elle se retourne de l’autre côté et aperçoit Jeanne, qui, entrée depuis un moment, écoulait sans se laisse r voir.)
Chutl... c’est pour te dire que tu t’es trompée de clef...
MADAME GRIOIP.
Je le sais bien !...
'JEANNE se dirige vers le fond. A part, avant de disparaître.
Ce doit être le moment de faire venir papa! (Elle sort h droite.)
MADAME BERTIN, k Georges se levant.
Mon cher enfant! ce que vous me dites là est si grave que... malgré ce que j’endure... il faut bien que je vous réponde. (Elle se lève, et jette te petit volume sur le fauteuil.)
GEORGES, à madame Griois.
Je tremble...
MADAME GRIOIS, de même.
Mais vertugadin! je ne m’en vais pas!
MADAME BERTIN
Mon Dieu !... si monsieur Bertin s’appelait Berlin tout court, votre qualité d’orphelin ne nous arrêterait peut-être pas. Mais nous sommes Bertin de Briard... deBriardl (Berlin rentre.) et nous avons de la fortune, que devons- nous donc désirer? Dans quelque temps, quand j’aurai décidé mon mari à vendre son élude...
BERTIN, qui vient d’entrer.
Je -resterai Berlin comme devant, ma chère femme! Mais à quel propos cette révélation? pourquoi ces airs solennels ? enfin, qu’y a-t-il ?
MADAME GRIOIS.
Il y a, mon garçon... que Georges... voudrait ôlre ton gendre.
BERTIN, surpris.
Georges?...
MADAME GRIOIS.
Oui. Moi, je suis pour lui, hautement et de bon cœur! Ta femme, elle, serait plutôt pour un gentilhomme comme le comte Armand de Saint-Géry.
MADAME BERTIN
Oui, j’en conviens!
MADAME GRIOIS.
Toi, lu es le maître, et tu tiens la balance... (Tu peux môme la mettre dans ta poche la balance!) prononce-toi !
BERTIN
Comme vous y allez, maman!... (uravemeni.) Georges, est- ce que ma fille vous aime?
GEORGES, simplement.
Oui, monsieur.
BERTIN
Ahl
MADAME GRIOIS.
Quoi donc : « Ah ! » Tu dis. « Ah ! » comme si tu apprenais un malheur !...
MADAME BERTIN
Monsieur Berlin !
BERTIN, ti lui-même et s’animant par degrés.
C’est ma faute I c'est ma faute !... On croit savoir tout deviner, tout pénétrer, tout prévoir... oui I dans le monde des affaires !. . Ce qui se passe au coin du feu, ce qui peut y arriver de regrettable ou de fatal. (Appuyant.) Cequidoit arriver... on n’y songe pas !... Un jour un événement vous ouvre les yeux, il est trop tard. (Haut.) Laure, madame Griois, laissez- moi avec ce jeune homme.