‹ Madame Aubert, drame en quatre actes, en proseChapitre 25 sur 88 · BERTIN, GEORGES · texte numérisé non relu

BERTIN, GEORGES

BER T IN

Vous m’avez dit, Georges, que ma fille vous aimait... En êtes vous sûr ?

GEORGES

J’ai osé vous répondre • Oui... » monsieur : il fallait bien que mademoiselle Berlin eût daigné me le permettre.

BERTIN

Je vous connais ; j’aurais dû le penser. (Après an silence et arec effort.) Georges, ai-je été pour vous... un ami ?...

GEORGES, avec effusion.

Oh ! généreux cœur I le meilleur que je connaisse !

BERTIN

Croyez-vous que j’aie mené à bonne fin la mission dont vous étiez l’objet ?

GEORGES

J’eusse été votre fils, monsieur, vous n’auriez pas fait davantage. BERTIN, se forçant à sourire.

Puisque je n’étais que... votre notaire, croyez-vous, Georges,

que... pour mes honoraires il me soit permis de demander... beaucoup ? croyez- vous que je puisse attendre^fle vous... même un sacrifice ?

GEORGES, se contenant.

Parlez, monsieur.

BER TIN

Votre éducation est faite, mon ami ; vous possédez une petite fortune, vous voilà un homme... Il faut vous éloigner de nous.

GEORGES, saisi.

Ah !... (il regarde autour de lai avec douleur, puis cache ses yeui sous ses mains.)

B E R T I N, très-ému lui-même.

Georges ! je sais bien ce que je vous demande.

GEORGES, se calmant.

C’est votre droit, monsieur, vous ne me devez rien, je vous dois tout ; en m’en allant je ne laisserai tomber sur le seuil de votre maison qu’un adieu plein de bénédictions eide reconnaissance I... Vous le voulez, je partirai... Maintenant laissez-moi vous faire une question.

BERT1N

Je vous écoute.

GEORGES

Ai-je encore mes parents?

BERT1N, très-embarrassé.

Il m’est interdit de vous le dire... je vous l’ai déjà déclaré.

GEORGES

Et pourquoi donc?... oh ! je vous en supplie, monsieur, parlezmoi de mes parents 1 (Silence de Berlin. Georges reprend.) Sont-ils morts ?

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