‹ Madame Aubert, drame en quatre actes, en proseChapitre 66 sur 88 · MADAME G R I O ! S · texte numérisé non relu

MADAME G R I O ! S

Eh bien, oui! plus jolie...

MADAME AUBERT, k part.

Suis-je sauvée?...

ARMAND, k madame Griois.

Mais qu’y aurait-il d’extraordinaire à ce que ce fût bien madame:.. (Saluant madame Aubert.) que vous ayez rencontrée à l’Opéra?

MADAME GRIOIS.

Mais on a bientôt vu ce que c’était que cette femme!... Elle n’avait passeulement les bras... nus, mais les épaules aussi, mais... EnGn, si elle avait eu un -cœur, je crois qu’on l’aurait vu battre! Elle fut bientôt reconnue des élégants de la salle. De ces hommes, il n’y en avait pas un qui ne méprisât celte femme, cela se voyait bien! Il n’y en avait pourtant pas un qui ne parût trèsfier quand elle lui faisait l’aumône d’un sourire. Après ça, vous me direz : les hommes sont si bêtes!

Quel supplice!

MADAME GRIOIS.

Je vous demande cent fois pardon, madame, d'avoir pu croire un instant que cette femme, c'était,.. Mon excuse, c’est une ressemblance telle... qu’en vous voyant...

Moi, je suis sûr de mon souvenir.

MADAME AUBERT, lichaDt de sourire.

Vous, monsieur? vraiment l

MADAME GRIOIS,

Ahl... Toi!...

MADAME AUBERT, k part.

Cette torture ne finira donc pas!...

ARMAND

J’étais en promenade au Luxembourg, avec... (a madame Griois.) avec Georges. Nous étions depuis un instant dans la pépinière, quand nous aperçûmes, assise en face de nous, madame... habillée ainsi, ou à peu près. Elle regardait jouer des enfants, et ce spectacle l’absorbait. Quand elle releva la tète, ses yeux tombèrent par hasard sur nous, sur Georges, veux-je dire : car madame ne regarda que lui... et si longtemps que (je m’en accuse) je le félicitai sur son innocente bonne fortune... Enfin, madame se leva et s’éloigna rapidement,

C’est vrai. J'avais cru, moi aussi, reconnaître quelqu’un. Mais, comme madame, je me trompais.

Vous m’en voulez?

MADAME AUBERT, allant k elle.

Non. J’ai été confondue trop de fois avec la... la malheureuse dont vous parlez, pour m’étonner même de votre erreur. J’ai dû finir par savoir qui elle était, cette femme... Elle est morte.

MADAME GRIOIS et A&MAND.

Morte I

Oui. Morte après sa beauté, après sa folie, après tout ce qui la faisait enviée et méprisée... Morte enfin tout entière dans la pauvreté, la solitude, l’abandon...

MADAME GRIOIS, k part.

Pauvre femme !

ARMAND

Vous la plaignez donc ?

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