FRÉDÉRIC, DANDIN
DANDIN, redescendant et venant se placer ea face de Frédéric ; piteusement.
Compris !
FRÉDÉRIC
Ce n'est pas ma faute.
- DANDIN
Non... c’est la mienne! A l'époque de l'éboulement de la rue de Navarin, vous savez? au moment de l’entresol... j'aurais dû m’enquérir de l'origine de ce nom de madame Bijou... et, après enquête, j'aurais pu lui défendre de le porter!...
FRÉDÉRIC
Quelle bonne idée vous auriez eue là, dans mon intérêt... et dans le vôtre! car enfin, mon pauvre Daudin, vous êtes aussi à plaindre que moi, plus à plaindre que moi ! Vous aimez Tocadine, une femme qui porte encore mon nom... et ce nom doit signifier pour votre belle âme quelque chose d’affreux que je n’ose point dire.
DANDIN
Je me tais... mais je pense absolument comme vous.
FRÉDÉRIC
Avec ce nom, qui est le mien, Tocandine semble vous reléguer au second plan...
DANDIN, te montant peu à peu.
Derrière un mur.
FRÉDÉRIC
Vous ressemblez à l'amant qui se cache...
DANDIN
Dans un placard humide.
FRÉDÉRIC
Vous jouez le rôle d’un zéro...
DANDIN
A la gauche de votre chiffre.
C'est odieux!
C'est odieux!
DANDIN
C'est ridicule!
FRÉDÉRIC
C'est ridicule!
DANDIN
FRÉDÉRIC
11 n'y a plus qu’un seul nom que Tocandine puisse porter écemment... c’est le vôtre !
D ANDIN.
O Frédéric! vous m'avez élairé! Avant une heure, nous serons partis... avant une heure, elle portera mon nom!
FRÉDÉRIC
Parfait!... A votre place, je partirais par le premier convoi... trois heures trente-cinq minutes.
DANDIN, lai terrant la main.
Merci! (Remontant et regardant au dehort.) VoiCi ToCandinC, laissez-moi faire.
FRÉDÉRIC
Soyez digne, soyez ferme, soyez cruel!... elle prendra votre nom, ou vous lui reprendrez tout, même l'entresol! Adieu! (a part, en remontant. ) Lé voilà lâché !
(Il sort par la porte du fond, à droite. Tocandine entre par le fond,
au milieu.)