ACTE DEUXIÈME
Séparé!... mais alors... M. Caverlet n'est donc pas...
MBRSON.
Je comprends!... tu croyais ta mère remariée... (nemi
tombe sur an fauteuil près de la table en sanglotant.) MERSON.
Voyons, Henri, du courage!
HENRI
Ah! monsieur!..,
MERSON
Monsieur? Tu m'en veux donc du mal involontaire que je te fais?
HENRI
Oh! non... mais je suis devant vous comme le serviteur dont le maître a failli, et je n'ose plus lever les yeux... pardon pour elle! pardon!
MERSON
Mais, mon ami, je ne lui en veux pas! Je n'ai pas le droit de lui en vouloir : tous les torts sont de mon côté. Là séparation a été prononcée contre moi... Pour Dieu, ne va pas te mettre à mal juger ta mère maintenant! (a port.) Gela ne ferait pas mon affaire.
HENRI
Hélas! je ne la juge pas; je suis anéanti, voilà tout. Quel
désastre de tout ce qui faisait ma joie, mon orgueil, la paix démon âme!
MERSOlf, & part.
Pauvre petit homme J II me fait de la peine. Mais aussi quelle imprudence à une femme séparée d'élever son fils dans de pareils sentiments! — Pauvre petit homme I —Ma foi! ma proposition viendra comme de cire. (Haut.) Puis-je quelque chose pour toi?
HENRI
Rien.
MERSON
Peut-être! Ta mère a perdu sa situation dans le monde, je peux la lui rendre.
HENRI
Gomment?
MERSON
En lui rendant sa place à mon foyer.
HENRI, se levant.
Vous feriez cela?
MERSON
Si tu le veux.
HENRI
Oh! mon père, que vous êtes bon!
Eh bien, tu as ma parole. Charge-toi de décider ta mère.