‹ Madame Caverlet, pièce en quatre actes, en proseChapitre 41 sur 70 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

BBIIRI.

Vous n'aviez pas prévu qu'elle se retournerait un jour contre vous 1

GAVEHLBT.

Ah! j'avais espéré que ce jour-là tu m'aimerais assez pour pardonner à une autre de m 'aimer aussi; j'avais espéré que ce jour -là je me serais légitimé à force de dévouement 1 Je me suis trompé... 11 me reste encore un sacrifice à te faire, le dernier, hélas! Toute ma vie est concentrée entre vous trois, je n'aime que vous, j'ai renoncé à tout le reste : mais puisque ma présence ici blesse tes sentiments les plus intimes... je m'en vais.

HENRI, sur le canapé, accablé.

Non! c'est à moi de partir ! Vous avez raison : j'ai plus de devoirs envers vous qu'envers moi-même. Je ne peux pas payer vos bienfaits en acceptant le sacrifice de toute votre existence... restée! (seiefant.) Mais non... c'est impossible ! il y a ma sœur. — Dieu, où est le droit, où est le devoir, où est la vérité?

CAVERLET.

Ton premier devoir, c'est d'épargner le plus longtemps possible à ta mère la douleur de rougir devant toi.

HENRI

J'y ai déjà songé. M. Merson m'a juré de ne pas lui dire qu'il m'a vu.

CAVBRLBT.

\1 va donc revenir?

HENRI

Dans une heure.

CAVERLET.

Que lui veut-il?

HENRI

Il vient, à ma prière, lui offrir de reprendre sa place à son foyer.

A ta prière! — Eh bien, soit! qu'il vienne I Tu demandais où est la vérité? Nous allons le savoir : ta mère la trouvera dans son cœur. L'acceptes-tu pour arbitre de notre destinée à tous?

HENRI

Oh! aveuglément.

CAVERLET.

Et moi, je jure de ne pas influencer sa décision, et de m'y soumettre, quelle qu'elle soit. Mais laissons-la à sa propre inspiration; notre trouble pourrait la mettre en garde avant l'arrivée de M. Merson. Sortons... sortons chacun de notre côté.

HENRI

Monsieur Caverlet, j'ai été dur et ingrat envers vous. Je vous en demande pardon.

CAVERLET.

Tu souffres tant, mon pauvre enfant! (lui ourrant ses bras.)

Moi aUSSi, Va! (Henri »e jette bot sa poitrine en plearanu} — La toile tombe.

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