ACTE TROISIÈME
REYNOLD
Et moi, je veux t'en faire assez pour que tu n'en aies plus. — Et ton petit Daniel, à qui tu ne penses pas!
BARGE
Quel petit Daniel?
REYNOLD
Mon fils, parbleu!
BARGE, souriant et ému.
Tu veux l'appeler Daniel?
REYNOLD
A moins que tu ne refuses d'être son parrain.
BARGE
Ahl que nenni! cher bambin!
REYNOLD
Auras-tu le courage de le retarder de quatre ans pour complaire à des bégueules dont tu te soucies comme de ça?
BARGE, ébranlé.
Il est certain... Eh bien, non ! tu ne débuteras pas dans le monde par une lutte contre les préjugés.
REYNOLD
Tu aimes mieux que je débute par une lutte contre toi?
Je veux que tu voyages, que tu n'engages pas ta vie
entière sans rien connaître de la vie, — Tu vas partir pour Paris.
RBTIfOLD.
Ali! ce n'est plus pour Londres?
BARGE
J'ai changé d'idée.
REYNOLD
Tu ne fais que ça depuis trois jours.
BARGE
C'est possible. — Je t'ouvre un crédit de vingt mille francs, pour tes plaisirs.
RBTNOLD, a'a.sseyant près de la table.
C'est bien inutile. Je passerai tout mon temps au collège de France, à la Sorbonne, dans les bibliothèques et les musées... Ça ne coûte pas cher.
BARGE
Tu ne vas pas à Paris pour f instruire, mais pour te distraire.
RBTIfOLD.
Je ne me distrairai pas.
Et moi, je veux que tu t'amuses. Qui est-ce qui m'a bâti un ostrogoth pareil 1
RETNOLD.
Parbleu! c'est toi... qui m'as toujours prêché, d'âpre