ACTE PREMIER
HENRIETTE
De la justice. Ne doutez jamais, chers enfants, que votre père ne soit digne de tous Vos respects.
BARGE
Voilà le point noir du divorce... la situation morale qu'il crée aux enfants. Pour des calvinistes comme nous, ma chère dame, c'est la seule objection sérieuse.
HENRIETTE, se lerant.
Et le seul remords!
FANNT.
Ne te reproche rien, ma chérie. Tu nous a donné un second père en M. Caverlet
HENRIETTE
Oui, il est bien bon, et vous l'aimez bien, n'est-ce pas?
FANNT.
Tendrement.
HENRIETTE
Et toi, mon fils?
HENRI
Il est mon meilleur ami. Je lui suis reconnaissant des soins paternels qu'il a eus de nous, et surtout du bonheur sans nuages qu'il t'a fait.
HENRIETTE
Gela me soulage de vous entendre parler ainsi.
* MADAME GAVERLET.
BARGE
Parbleu! ils seraient bien ingrats de parler autrement. Caverlet était le seul homme digne de tous, comme vous étiez la seule femme digne de lui.
HBNMBTTE, allant s'asseoir sur le bano.
Tous êtes un flagorneur, mon vieil ami.
BARGE
on, sur ma parole! Je n'ai jamais vu deux êtres mieux *<tits l'un pour l'autre. Yous êtes le couple modèle, votre maison me représente le temple de la famille, et je n'y entre pas sans une espèce de vénération. Il semble que le ciel vous ait réunis pour la justification du mariage.
HENRIETTE
Est-ce qu'il a besoin d'être justifié ?
BARGE
Quelquefois! quelquefois! — Moi qui vous parle, je l'ai longtemps maudit : Madame Barge me rendait médiocrement heureux... non pas qu'elle fût méchante, la pauvre femme, mais elle était vive, elle avait la main leste...
HENRIETTE, souriant.
La main leste ?
BARGE
Elle me battait, quoi ! — Ce n'est pas qu'elle me fît grand mal; mais cela me déplaisait beaucoup, d'autant qu'il en