MERSON, HENRIETTE
HENRIETTE, recalant arec effroi.
Vous, monsieur!
MERSON
Mol-môme, madame; et je vois à votre effroi que j'ai eu raison de ne pas vous faire passer mon nom : vous ne m'auriez pas reçu.
HENRIETTE, suppliante.
Je n'ai qu'un mot à vous dire, monsieur : mes enfants me croient divorcée et remariée.
MERSON, lai montrant an fauteuil.
Je le sais, et rassurez- vous : je respecterai leur illusion jusqu'à nouvel ordre. Vous pouvez donc m'écouter tranquillement. D'ailleurs, je serai bref. — (n avance lui-même un
siège et s'assied quand sa femme s'est assise.) J'ai été EUSSl peu
exemplaire comme père que comme époux; je m'en accuse. Le ciel ne m'avait sans doute pas créé pour ces hautes fonctions. J'ai négligé mes enfants pendant quinze ans, non sans remords, croyez-le bien ; mais je m'étourdissais au bruit de mon interminable jeunesse, jusqu'au jour où j'ai senti qu'il y avait péril en la demeure, et que j'avais le devoir impérieux de me préoccuper de la situation que vous leur faites. Or, pour ne parler que de Lucy...
HENRIETTE
Lucy? Vous voulez dire Fanny?
MERSON
Lucy, Fanny, noms anglais... la langue m'a fourché! Pour ne parler que de ma fille, la voilà d'âge à se marier.
HENRIETTE
Pas encore, grâce au ciel.
MERSON
Pardonnez-moi ; et la preuve, c'est qu'on a déjà demandé sa main.
HENRIETTE
A qui donc, je vous prie?
MERSON, se lerant et saluant.
A moi, madame, ici môme, à l'instant, un M. Reynold, qui l'aime, qui s'en dit aimé, et dont le père s'oppose au mariage à cause des irrégularités de votre position. Vous