SCÈNE PREMIÈRE
HENRI, REYNOLD, tous deux assis sur le canapé REYNOLD.
. Ainsi ton père fond sur vous en même temps que l'héritage? C'est joli l
HENRI
Je souffre beaucoup à te confier tout cela; mais il faut que tu saches dans quelle famille tu t'obstines si généreusement à vouloir entrer. Ah! tu es heureux, toi, d'avoir un père digne de ce noml
REYNOLD
Je ne peux pas t'en donner la moitié, mais j'accepte carrément la moitié du tien. Il sera moins lourd à porter sur quatre épaules. Et veux-tu savoir le fond de ma pensée? Je suis enchanté que mon futur beau-père ne soit pas l'homme qu'il m'avait semblé d'abord I Ses torts sont la justification de ta mère.
N'est-ce pas? C'est horrible à dire, mais cette révélation, qui m'avait d'abord accablé, me soulage maintenant. Si
M. Merson n'était qu'un homme de plaisir, un étourdi égoïste, malgré tous ses torts envers nous, malgré mon profond amour pour ma mère, mon cœur resterait déchiré entre eux. Il n'hésite plus ; il est tout entier du parti de ma mère; et c'est pourquoi je ne veux pas qu'elle accepte la prétendue grâce que M. Merson avait eu l'adresse de me faire implorer.
RETNOLD.
Tu as mille fois raison. Mais qu'allez-vous faire pour vous délivrer de lui ?
HENRI
Je n'en sais rien, et n'en veux rien savoir. Ce n'est pas là ce qui me tourmente ; c'est notre situation en dehors de lui. Elle est effroyable ! Cette pauvre maison, si heureuse hier, si régulière, si honorée, est bouleversée pour toujours. Nous n'osons plus nous parler ni nous regarder. Nous faisons un effort devant Fanny qui doit tout ignorer...
RETNOLD.
Mais qui finira par s'étonner de cette contrainte si cet état de choses se prolonge.
HENRI
Il ne se prolongera pas. M. Caverlet avec sa noblesse ordinaire m'a offert de quitter la place...
Ah! c'est bien!