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d’hui sans i'avoir, toi, ma brave AnneUe! ma belle Annette! ma chère femme! »

Et il l’embrassait à pleines joues.

« Ta, ta, ta! c’est bon à dire, répliqua Simon, en prenant les deux mains de son mari et en fixant ses yeux sur ses yeux; mais là, voyons, sois vrai ; conviens que de ta brave Annette, de ta belle Annette, tu n’étais pas très-fou quand tu t’es marié. Tu peux bien me l’avouer, à présent que je sais tout ton amour.

— Il n’est jamais trop tard pour bien faire, dit en souriant le sincère et loyal jeune homme, qui n’avait plus à éluder une confession.

— Eh? quoi ? que dites-vous? demanda une troisième personne qui venait d’entrer, et qui, par le ton donné à sa question, faisait bien comprendre qu’elle avait tout entendu.

— Tu es trop curieuse, petite grand’mère, répondit Annette, en se pendant caressante au cou de son mari. Ce que nous disons ne te regarde pas ; ça ne t’a jamais regardée.

— Non, jamais! » ajouta plein d’une doiice gravité

Simon, qui s’échappa délicatement de l’étreinte d’.\nnettc , pour aller mettre un calme et chaste baiser de fils sur les cheveux blancs de la jeune aïeule

S’ils eurent beaucoup d’enfants?

Ln seul, une fille, qui se nomme Madeleine.

CINQUIÈME PAEIIE.

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Et l’Africain? et Biganche? et Bricot?...

François, après s’être de plus en plus déconsidéré dans le pays, s’offrit pour prendre du service à la place de Pierre Fargeot, tombé au sort. 11 dépensa en quelques jours la somme reçue, partit, rejoignit un régiment d’Afrique, et fut tué dans un petit combat sans nom. •

Le lendemain du jour où il eut amené son beaupère à vendre les biens, Simon dit au pâtre :

<i Nous allons peut-être aussi nous défairë du troupeau, mais tu n’en resteras pas moins avec nous, mon brave ami. Tu trouveras toujours à t’occuper dans la maison. D’ailleurs, si tu voulais bien, d’ici à peu de^ temps tu serais un bon ouvrier, gagnant des gages raisonnables...

— Merci ! interrompit Biganche, merci bien, Simon !

Je suis trop vieux en ma vie et accoutumé à elle pour en vouloir ni pouvoir changer. Berger je suis, berger

je reste. Au surplus, tu viens de me tirer de l’em- " barras où j’étais pour te dire que je veux m’en aller d’ici.

— Et où donc veux-tu aller?

— lîcoute. Là-bas vers le matin, il y a un beau pays de montagnes tout plein de troupeaux et de bergers.

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En ce pays (des messieurs qui se sonl arrêtés à parler longuement avec moi, l’autre jour, me l’ont dit), en ce pays, qu’on appelle la Suisse, — j’ai bien retenu le nom, — le tabac, qui se vend ici quatre francs la livre, ne se paye que la moitié de la moitié de ce prix. Voilà un vrai bon pays! J’y veux aller !... » ''

Simon, sa femme et Madeleine insistèrent pour retenir le cher paresseux ; mais il se roidit dans sa résolution, autant pour soustraire sa jouissance vitale aux droits de la régie que pour garantir son âme des agitations sociales.

Or donc, un prochain soir, ayant réuni le plus qu’il put de gens du village, il donna une espèce de séance d’adieu, dont la recette, qui fut assez ronde, devait subvenir aux frais'du voyage.

11 joua ses airs les plus beaux, exécuta ses tours les plus subtils, et conta ses histoires les plus merveil- ^leuses.

Et le lendemain, au lever du jour, — Biganche, ayant serré la main de ses maîtres, Bricot ayant reçu leurs caresses, — les deux amis se mirent en route, marchant contre le soleil...

Me direz-vous ce qu’ils sont devenus?...

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