Madame de Beauharnais de Miramion
Puisque vous vouliez travailler dans l'intérêt de l'Église, vous ne pouviez assurément mieux satisfaire à ce pieux désir qu'en écrivant, comme vous l'avez fait, le récit des actions de la servante de Dieu Marie Bonneau de- Miramion. Car à la passion du luxe effréné , des honneurs, des richesses et des plaisirs, d'où nous vpyons naître aujourd'hui tant de maux, vous avez opposé, avec la plus grande opportunité , la vie d'une femme noble, riche, instruite et distinguée, qui a su faire servir tous les dons de la nature, toutes les faveurs de la fortune et de la naissance, au -ou logement des indigents et des malades, à la protection de- mœurs, à l'accroissement de la religion ; et qui, dédaignant les biens (h; ce monde pour ne considérer que ceux du ciel, non-seu lement a mérité l'admiration de ses contemporains, mais encore s'est acquis une gloire impérissable près de la postérité.
Cet exemple enseignera que la piété est utile à tous, qu'elle assure réellement !<■ bien des peuples, «'t qu'elle procure à ceux qui la mettent en pratique, non-seulement
une récompense éternelle , mais aussi la gloire terrestre qu'ils avaient dédaignée.
A ces mérites de votre œuvre, il convient d'ajouter que, tout en combattant, comme historien, pour la cause de la religion , vous avez encore résolu de venir en aide au Père commun des fidèles au moyen des bénéfices que pourra produire la publication de votre travail.
Vous vous êtes donc ainsi appliqué à servir l'Église , nonseulement dans la lutte quelle soutient contre l'erreur, mais encore dans la détresse qu'éprouve son Chef suprême.
C'est pourquoi le très -saint Père Pie IX m'a ordonné de vous faire savoir qu'il avait reçu avec un cœur très-reconnaissant et votre offre et votre livre , et de vous transmettre en même temps, comme gage de sa paternelle bienveillance, la bénédiction apostolique, qu'il vous donne trèsaffectueusement.
Chargé de remplir près de vous cette mission , je suis heureux de vous offrir avec mes félicitations personnelles, les témoignages particuliers de mon estime , et de vous exprimer les vœux que je forme pour votre salut et votre prospérité.
Votre dévoué et très-obéissant serviteur,
François MERCURELLÏ, Secrétaire des lettres latines.
LETTRE
SON ÊMINKNCE LE CARDINAL ANTONELL1
Rome, le 19 février IMW
Monsieur,
J'ai reçu avec la plus grande satisfaction l'exemplaire que vous avez bien voulu me faire parvenir de l'ouvrage que vous avez écrit sur la Vie de Mme de Miramion.
Je vous suis très -reconnaissant de cet envoi, d'abord comme d'un témoignage de votre attachement pour moi, et ensuite parce que la destination que vous avez donnée à votre travail est un exemple édifiant de dévotion filiale envers le Saint-Siège.
J ai donc le plaisir de vous envoyer, ci-incluse , la lettre de remercîments que le Saint-Père , dans sa bienveillance , a daigné vous faire adresser, en vous donnant de cœur, à vous et à votre famille, la bénédiction apostolique.
Heureux d'avoir pu contribuer ainsi à l'accomplissement de vos désirs,
Je vous renouvelle l'expression de mes sentiments de particulière estime.
U Cardinal G. AXTONELL1.
LETTRE
DE