‹ Madame de Beauharnais de MiramionChapitre 29 sur 55 · SECOND JOUR · texte numérisé non relu

SECOND JOUR

PREMIÈRE ORAISON

Votre nom soit sanctifié.

Plusieurs le déshonorent et le profanent, et d'autres le révèrent; les premiers sont les tièdes, dont je me suis trouvée du nombre; les seconds sont les impies qui le profanent; et ceux qui l'honorent ce sont les anges et les saints, et toutes les créatures en tant qu'elles sont faites pour mener l'homme à Dieu.

Je me suis unie à Notre- Seigneur, vivant sur la terre pour honorer et sanctifier son saint nom, et unie à tout le ciel, résolue de sanctifier et faire sanctifier ce saint nom par les emplois de cette communauté, à l'école, aux pauvres, aux retraites et surtout entre nous; j'ai demandé à Dieu par Jésus- Christ cette grâce, et pour cela je ferai mes actions avec plus d'attention à la sainte présence de Dieu.

SECO.NDE ORAISON.

Votre règne nous advienne.

Je lui ai demandé d'être unie à lui dans l'éternité, et puisqu'il était lui-même ce royaume, qu'il le vînt établir en moi dès maintenant; j'ai vu qu'il y avait des règnes d'orgueil, d'amour-propre et de hauteur, des manques de charité et de dépendance, et que le règne de Dieu ne pouvait pleinement s'établir en moi , que toutes ces choses ne soient détruites.

Je me suis adressée à mon Dieu , le regardant comme mon roi, pouvant tout, comme mon père, tout plein de charité et de bonté, et j'ai espéré qu'il détruirait toutes ces grandes misères en moi, et qu'il me donnerait les vertus contraires, par sa toutepuissance; je me suis jetée à ses pieds, lui ai demandé qu'il ôte et qu'il mette.

Il m'a semblé qu'il m'a fait voir que si j'étais fidèle à correspondre à ses désirs, pour détruire toutes ces choses et y établir les vertus contraires , qu'il demeurerait en moi, comme il demeure en son Père, et son Père en lui , que là je m'enivrerais de ce vin plus délicieux que le miel, que ce serait là que je m'enivrerais à ses mamelles sacrées pour boire à longs traits ce lait sacre. Mais je ne puis arriver à cet heureux état du règne de Dieu parlait en moi, que par l'humilité, la charité du prochain, l'amour de Dieu, la pauvreté, la patience dans les contradictions et l'obéissance; que la parfaite pratique de ( -es vertus détruira le règne des ennemis de Dieu en moi.

et m'élèvera jusqu'à lui; que la conformité à sa sainte volonté, quoi qu'il m'en coûte, m'unira à lui, et que le parfait amour qui ne désire que lui seul, fera cette parfaite liaison du Père, du Fils, du Saint- Esprit et de moi.

Je me suis anéantie, et ai demandé à Dieu qu'il ôte et fasse comme il lui plaît, quoi qu'il m'en puisse coûter. Mais que je désire qu'il règne en moi sans contradiction et pleinement, et qu'il s'y repose et y prenne son bon plaisir.

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