‹ Madame de Beauharnais de MiramionChapitre 33 sur 55 · SECONDE ORAISON · texte numérisé non relu

SECONDE ORAISON

A été sur ce que Notre -Seigneur était représenté notre pasteur, donnant sa vie pour moi, me nourrissant de sa propre chair, me donnant de bonnes et abondantes nourritures par ses grâces continuelles, me caressant et me nourrissant de son propre pain , me rafraîchissant de ses saintes eaux vives et vivifiantes, me mettant à l'ombre de ses grâces, veillant continuellement, de crainte que je ne sois dévorée, me donnant des coups de houlette pour m'empêcher de m'écarter de lui, et pour me faire rapprocher de plus près ; je me suis abandonnée à la conduite de ce divin pasteur, voulant être comme une brebis à son égard, humble, douce et soumise.

Il m'a semblé qu'il m'a dit intérieurement qu'il m'avait donné des pasteurs extérieurs, pour m'apprendre sa volonté et ses voies ; qu'il me les avait donnés selon mes besoins, et qu'il me les avait ôtés pour m'élever à une plus haute, plus sublime et plus

grande perfection , et pour me faire marcher par la voie de mort intérieure; enfin qu'il ne se faut point appuyer sur les créatures , mais sur Dieu seul. 11 m'a semblé qu'il m'a fait sentir que j'avais un peu trop mis ma confiance en M. Ferret.

TROISIÈME ORAISON

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Adorant et me soumettant à ce divin pasteur pour tout ce qu'il voudrait faire de moi, et en la manière qu'il le voudrait, je l'ai beaucoup prié pourcelui qu'il m'a donné pour me tenir sa place visible ; il m'a fait la grâce de me faire voir l'utilité que je trouverais d'entrer dans tous ses sentiments, sans m'y opposer et y résisler le moins du monde. Je me dois regarder comme une aveugle , et il me semble que Dieu m'a fait connaître qu'il m'avait toujours fait sentir qu'il me voulait dans une prompte et parfaite soumission.

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