‹ Madame de Beauharnais de MiramionChapitre 34 sur 55 · SIXIÈME JOUR · texte numérisé non relu

SIXIÈME JOUR

PREMIÈRE ORAISON

Regardant notre pain quotidien dans le saint Sacrement.

Je l'y ai adoré et considéré comme une source d'eau vive, où mon âme se doit rafraîchir et prendra une vie nouvelle; je l'ai regardé comme un soleil purifiant , et qui me doit échauffer de son saint amour; que c'était un arbre de vie sous lequel je me devais mettre à l'ombre, pour vivre de son fruit et l'entretenir à mon aise, comme à l'abri de mes en-

nemis, de l'orgueil et autres; que c'était le pain céleste des anges; mais que je devais vivre de la vie de Dieu, puisque j'étais nourrie de la chair et du sang et de la divinité d'un Homme -Dieu; je suis entrée en confusion de mes froideurs, de mon peu d'attention, négligence et paresse; j'ai admiré cette grande bonté dans l'établissement de ce sacrement, qui m'a paru surpasser tout ce que Dieu a jamais fait, s'exposant à être tous les jours outragé par les impies et par les pécheurs qui le reçoivent indignement; je me suis vue au-dessous d'eux par les grâces que Notre -Seigneur m'a faites, et mon peu de fidélité; je m'en suis humiliée, et lui ai demandé pardon, et la grâce par lui-même de profiter à l'avenir de ce grand avantage; il m'a paru que la parfaite charité, douceur, humilité, anéantissement de moimême et conformité à sa volonté étaient les bonnes dispositions; je les ai demandées par l'entremise de la sainte Vierge, des saints anges et des saints; mais particulièrement par les mérites de Jésus- Christ.

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