‹ Madame de Beauharnais de MiramionChapitre 40 sur 55 · Faites toutes choses en la présence de Dieu · texte numérisé non relu

Faites toutes choses en la présence de Dieu

pour son amour et pour sa gloire, même clans les plus petites choses.

3. Évitez avec soin non - seulement les fautes considérables, mais tout ce qui peut déplaire à Dieu, son véritable amour le demande; généralement ne faites jamais une chose dont vous deviez vous repentir.

4. Recevez bien, c'est-à-dire avec humilité et reconnaissance , les avertissements que Ton vous fera la charité de vous donner, qui que ce soit qui vous les donne, et tachez d'en profiter.

o. Examinez-vous tous les jours sur vos manquements aux devoirs de votre état, aussi bien que sur les autres fautes, et voyez chaque mois quel profit vous aurez fait, ou si vous avez reculé dans la voie de Dieu, afin de ranimer votre zèle; ne regardez point cela comme une chose de petite conséquence; votre retraite d'un jour par mois sera bien employée à cela.

6. Faites toujours vas confessions et communions comme si c'étaient les premières et les dernières de votre vie.

7. Soyez fidèles a la sainte messe et à l'oraison mentale; n'y manquez pas par voire faute, parce que vous vous priveriez de beaucoup de grâces que Dieu a attachées a ces exercices; le démon fera tout ce qu'il pourra pour vous faire quitter l'oraison., parce qu'il sait (pie c'est un moyen pour voue établir dans la piété, et vous empêchera d'avancer dans la vertu en vous en détournant; si VOUS

êtes obligées de la quitter pour des infirmités ou autres raisons, reprenez- la le plus tôt que vous pourrez.

8. Conservez l'affection que vous avez pour votre paroisse; allez -y toujours avec soin, et que votre fidélité et recueillement puissent édifier ceux qui vous verront; surtout n'y causez point.

9. Aimez le travail, c'est une partie de notre vocation; occupez -vous toujours de quelque ouvrage, lorsque vous n'êtes pas occupées en quelque affaire ou à quelque chose par obéissance; le temps est précieux , et l'oisiveté est la mère de plusieurs péchés et la mort des vertus.

10. Quelque chose qui puisse vous arriver, tant pour le spirituel que pour le corporel, ne perdez jamais la confiance en Dieu, puisqu'il veut bien que vous l'appeliez votre Père , et qu'il- est la bonté infinie.

\ 1 . Continuez , mes chères filles , à ne point aimer le monde ni les parlojrs ; mais dans la nécessité d'y aller, que ce soit avec permission et avec une compagne quand c'est des hommes; ne vous relâchez jamais de cet article, cela est de conséquence; je vous en prie de tout mon cœur.

12 Ne soyez point méconnaissantes envers les personnes qui vous ont fait ou feront du bien spirituel ou temporel; témoignez- leur votre gratitude autant que vous le pourrez durant leur vie, et après leur mort. Ayez- en une très -singulière pour feu M. Ferret, aux soins duquel la communauté

doit ce qu'elle est, et priez aussi pour tous vos autres supérieurs.

13. Lorsque Ton vous permettra d'aller à Ivry, récréez-vous en Notre-Seigneur, dans la vue de vous délasser et reposer tant du corps que de l'esprit, et de reprendre de nouvelles forces pour mieux vous acquitter de vos devoirs; observez le petit règlement qui est fait pour ce lieu ; prenez garde à la trop grande dissipation, ni de ne point blesser la modestie ni la charité, mais d'être très-unies avec celles qui vous seront données pour compagnes ; agissez avec simplicité et cordialité, et contribuez agréablement à leur récréation; ne quittez pas néanmoins vos exercices spirituels, et soyez soumises à celle qui vous sera donnée.

14. Surtout, mes très-chers enfants, je vous demande, par les entrailles de Jésus -Christ, que vous vous entr'aimiez et estimiez les unes les autres, mais d'une parfaite charité; si ce n'est pas par inclination, que ce soit par vertu, et donnez- en toutes les marques en toutes sortes d'occasions; la charité est le lien de la perfection et l'abrégé de la loi de Dieu. Si nous sommes obligées d'en instruire les autres, nous devons en rire remplies, ne pouvant donner que ce que nous ayons; cette vertu est la principale de cette communauté, et l'on ne I aimera et estimera qu'autant que cette vertu yseri grande.

15. Je mets l'obéissance la dernière, quoique je i estime puni' vous une des principales vertus, et de

la dernière conséquence ; observez - la en toutes choses, et très -exactement à l'égard de tous les supérieurs et supérieures que la Providence vous donnera ; sans cette pratique votre communauté tombera bientôt dans la confusion et le néant; ne manquez jamais d'estime et de respect envers eux, recevez ce qu'ils vous diront avec humilité, regardant toujours Dieu en leurs personnes; mettez-vous à genoux lorsqu'ils vous avertiront, et ne vous excusez jamais; faites en cela ce qui est marqué dans vos constitutions et directoires. Je ne vous parle de toutes les pratiques de vertus que très- sommairement, parce que les raisons en sont assez amplement marquées dans vos constitutions et directoires, que je vous prie de lire tout entières au moins quatre fois Tannée , avec toute l'attention possible.

Je supplie instamment toutes les supérieures qui seront après moi, de réparer toutes les fautes que j'ai faites dans le gouvernement dont Dieu m'a chargée depuis plus de trente ans; qu'elles prient et fassent prier Dieu qu'il me les pardonne. Je reconnais n'avoir pas donné l'exemple que je devais, ni pratiqué toutes les vertus; j'en ai été bien éloignée. J'espère que mes manquements ne leur feront pas de préjudice, et que les supérieures qui seront à l'avenir, exciteront davantage la communauté à la pratique des vertus, par le bon exemple qu'elles donneront à toutes mes chères sœurs ; c'est ce que je souhaite de tout mon cœur.

Page 1