‹ Madame de Charrière et ses amis d'après de nombreux documents inéditsChapitre 8 sur 70 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Belle de Zuylen

« Dans mon enfance, j'étais passionnée pour toute espèce de gloire, et il n'y avait rien de tout ce qu'on applaudit que je n'enviasse.» (Belle de Zuylen à d'Hermenches).

Le château de Zuylen et la famille de Tuyll. — La petite Belle. — Séjour à Genève : M. Colondre. — M'" Prévost. — Lectures françaises. — Lettre d'une gouvernante: choses et gens de Genève. — M. Catt et le Grand Frédéric. — Mœurs neuchâteloises. — Le caractère de Belle; ses « vapeurs»; ses doutes. — Ses occupations. — L'inoculation. — M"' Girard. — Lettres de jeunesse.

Depuis plusieurs années je m'occupais de madame de Charrière, lorsque, en 1892, une tournée de conférences en Hollande me permit de réaliser le rêve, souvent caressé, de parcourir les lieux où s'écoula sa jeunesse.

Une agréable route conduit en une heure de marche d'Utrecht à Zuylen, en suivant la rive droite du Vecht. Dans un vieil album, intitulé la Triomphante rivière de Vecht, publié sans date à Amsterdam et qui Daraît être du milieu du XVIII ' siècle, figurent diverses vues des châteaux et résidences que baigne ce bras du Vieux-Rhin avant d'aller se perdre dans le Zuydersee ; on y voit entr'autres le village de Zuylen : il égrène au bord de la rivière, qui décrit une courbe gracieuse, ses maisons basses, ses

fermes proprettes et avenantes ; derrière le village, un clocher émerge d'un massif d'arbres. La physionomie de Zuylen n'a guère changé depuis cent ans ; seulement, l'église, reconstruite après un incendie qui la détruisit dans la nuit de Noël 1846, n'est plus celle où Belle de Zuylen fut baptisée, où fut célébré son mariage.

Non loin de l'église, se dresse, imposant et superbe, le château de Zuylen, qui fut, dit-on, épargné en 1672 par le grand Condé,

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