Madame de Chevreuse et Madame de hautefort
Ces deux biographies sont tirées d'un ouvrage que nous nous proposons de publier bientôt , et où nous avons essayé de peindre, dans toute sa vérité et sous toutes ses faces, la lutte mémorable que le cardinal Mazarin eut à soutenir, en 1643, au début de son ministère et de la Régence, contre les Importants, ces devanciers des Frondeurs. Parmi les nombreux et puissants adversaires qu'il rencontra sur sa route, l'histoire nous montre au premier rang deux femmes, qui déjà avaient tenu tête à Richelieu, et qui donnèrent de grands soucis à son successeur, Mme de Chevreuse et Mme de Haute for t. Elles ne nous ont point séduit à leurs opinions et à leur cause; mais
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en les étudiant avec attention, à l'aide de documents nouveaux et authentiques , nous n'avons pu nous défendre d'une vive admiration pour elles, à des titres différents , et nous avons pris plaisir à retracer le génie remuant de l'une et la vertu un peu superbe de l'autre. Il nous avait semblé que dans le vaste et sérieux tableau qui nous occupait, ces deux portraits, d'un coloris moins sévère, pouvaient avoir l'avantage de reposer les yeux sans les distraire, nous souvenant de la méthode de nos maîtres qui n'ont presque jamais manqué d'introduire dans leurs plus didactiques compositions d'apparents épisodes, devenus bientôt la lumière et la gloire de leurs ouvrages *. Mais, à la réflexion, nous avons reconnu que de tels exemples ne sont pas faits pour nous, et nous nous sommes décidé, non sans quelque regret, à publier séparément ces deux morceaux, pour faire suite à nos études sur la société et les femmes illus-
\. Sur cette méthode des grands artistes, de Pascal, de Bossuet, de Montesquieu, de Rousseau, de Buffon, de Bernardin de Saint-Pierre et de M. de Chateaubriand, voyez les dernières pages de notre écrit : Des Pensées de Pascal.
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très du xvne siècle. Mme de Chevreuse et Mme de Hautefort prennent bien naturellement leur place à côté de Jacqueline Pascal et de Mme de Longueville, et dans la noble et charmante compagnie que Mme de Sablé rassemblait à Port-Royal.
Seulement, on voudra bien remarquer que ces deux biographies se ressentent de leur destination première. Nos deux héroïnes nous avaient occupé surtout comme adversaires de Richelieu et de Mazarin, et comme les deux actrices les plus intéressantes du grand drame de 1643. Ce drame terminé, nous devions nous borner à une simple et rapide esquisse du reste de la vie encore bien agitée de Mme de Chevreuse; et nous aurions changé de sujet si, après avoir fait connaître Mme de Hautefort, nous avions entrepris l'histoire de la duchesse de Schomberg. Un jour nous retrouverons Mme de Chevreuse dans la Fronde, et nous avons déjà vu la duchesse de Schomberg chez la marquise de Sablé1.
Avertissons encore que, sous une appa-