Sur l'hôtel Montbazon, voyez Sauvai, t. Il, p
loi LA DUCHESSE DE CHEVREUSE.
les hauts cris ; tout le parti des Importants s'émut, et l'affaire changea de face ; de particulière qu'elle était, elle devint générale, comme souvent à la guerre un engagement particulier, une manœuvre précipitée, entraîne toute l'armée et détermine une bataille.
Il était difficile de se mettre sur un plus mauvais terrain. D'abord la duchesse de Montbazon était aussi décriée pour ses mœurs et son caractère que célèbre par sa beauté, et elle attaquait une jeune femme, qui commençait à peine à paraître et déjà était l'objet de l'admiration universelle; d'une beauté à la fois éblouissante et gracieuse qui la faisait comparer à un ange; d'un esprit merveilleux, du cœur le plus noble, et la personne du monde que les Importants auraient dû le plus ménager, car sa générosité naturelle ne la portait pas du côté de la cour et donnait même quelque ombrage au premier ministre. Mn,e de Longueville n'était alors occupée que de bel esprit, d'innocente galanterie, et surtout de la gloire de son frère le duc d'Enghien. Il y avait même en elle, il faut l'avouer, quelques germes d'une Importante , que plus tard sut trop bien développer La Rochefoucauld1. L'injure qui lui était faite, et
1. A peu près vers ce temps, ou du moins encore dans Tannée 1644, Mazarin trace un portrait sévère de Mme de Longueville où il ne la calomnie pas, mais où il ne lui passe rien, et met le doigt sur tous ses défauts sans relever ses qualités, comme si déjà il pressentait en elle sa plus redoutable ennemie. Ve carnet, p. 53 : « La detta Dama ha tutto « il potere soprà. il fratello. Fà vanità di disprezzare la corte, di odiare