CHAPITRE TROISIÈME
dont les honteux motifs étaient visibles, révolta tous les cœurs honnêtes. L'emportement de Beaufort en cette occasion avait aussi été très blâmé. 11 avait autrefois adressé ses vœux à Mlle de Bourbon, qui ne les avait pas accueillis, de sorte que sa conduite avait un air de vengeance odieuse. D'ailleurs l'effort de Mnie de Chevreuse était d'ôter àMazarin ses appuis : elle excitait contre lui et faisait agir auprès de la reine les dévots et les dévotes ; or Mme de Longueville n'était pas moins l'idole des Carmélites et du parti des saints que de l'hôtel de Bambouillet. Enfin le duc d'Enghien, déjà couvert des lauriers de Rocroy et tout prêt d'y ajouter ceux de Thionville, était si évidemment l'arbitre de la situation que Mme de Chevreuse insistait avec force pour qu'on se défît de Mazarin, pendant que le jeune duc était occupé au loin, et avant qu'il ne revînt de l'armée. Le blesser
« il favore, e disprezzar tutto quello che non vede a suoi piedi. Vorrebbe « veder il fratello dominare e disporre di tutte grazie. È donna simulatis- « sima; riceve tutte le deferenze e grazie corne dovuteli. Vive d' ordinario « con gran fredezza con tutti; ama la galanteria più per acquistar servitori « et amici al fratello che per alcun maie; insinua nel fratello concetti « alti alli quali per tanto egli è naturalmente portato; non fàconto délia « madré perche la crede troppo attaccata alla corte; crede con il fratello « che tutte le grazie che si accoi danu alla sua persona, casa, parenti et « amici li sieno dovute, e che si vorrehbe bene poter le negare, ma che « non vi è corraggio di farlo per timoré di disgustarli. Grande intelli- « genze con la marchesa di Sablé e duchessa di Lesdiguières. In casa « di Sablé vi è un commercio continuo d'Andilly, la principessa di Ghi- « mené, Anghien, sua sorella, Nemur., e molti altri, e vi si parla di « tutti liberamente. Bisogna haver qualcheduno lâche possi avvertire « di quello vi passera. »
dans une sœur qu'il adorait, le mettre contre soi sans aucune nécessité et hâter son retour, était une vraie extravagance ; aussi tout ce qu'il y avait de sensé parmi les Importants, La Rochefoucauld, La Châtre, Alexandre deCampion, s'étaient-ils empressés d'apaiser et de terminer cette déplorable affaire ; et M",cde Ghevreuse, attentive à faire sa cour à la reine, en même temps qu'elle ourdissait une trame ténébreuse contre son ministre, lui avait préparé chez Renard une petite fête, destinée h dissiper les derniers effets de ce qui s'était passé. Mais toute sa politique avait échoué devant la sotte fierté d'une femme sans esprit comme sans cœur i.
Cependant Mazarin avait mis à profit les fautes de ses adversaires. D'assez bonne heure il avait vu avec joie, et il avait accru avec art l'inimitié des maisons de Condé et de Vendôme. A mesure que les Vendôme se déclaraient plus ouvertement contre lui, il ménageait d'autant plus les Condé. Il s'était posé à luimême cette question : Que faudra-t-il faire si les Vendôme et les Condé en viennent à un éclat, bien entendu en supposant que l'intérêt de l'État ne soit pas engagé dans leur querelle2? La question avait
\ . Alexandre de Campion, dans le Recueil plusieurs fois cité, lettre à Mme de Montbazon : « Si mon avis eût été suivi chez Renard, vous seriez sortie pour obéir à la reine, vous n'habiteriez pas la maison de llochefort, et nous ne serions pas dans le péril dont nous sommes menacés. »
2. Ille carnet, p. 100 : « Corne dovrei governarmi se nascesse que-