‹ Madame de Chevreuse et Madame de hautefortChapitre 119 sur 215 · Mémoires, collect. Petitot. t. LIX · texte numérisé non relu

Mémoires, collect. Petitot. t. LIX

de la cour, raconte des faits i qui lui semblent authentiques et qui sont décisifs. Un des historiens contemporains les mieux informés et les plus véridiques n'exprime pas ici le moindre doute : « Les Importants, dit Monglat, voyant qu'ils ne pouvaient chasser le cardinal, résolurent de s'en défaire par le fer, et tinrent pour ce sujet plusieurs conseils à l'hôtel de Vendôme 2. » Cette opinion est confirmée par les renseignements nouveaux et nombreux que nous fournissent les carnets de Mazarin et ses lettres confidentielles.

Ecartons la supposition de Retz , que Mazarin ait eu peur légèrement ou qu'il ait feint d'avoir peur d'un simulacre de conspiration. Sur le courage de Mazarin nous en appelons à La Rochefoucauld luimême. « Au contraire du cardinal de Richelieu, qui avoit l'esprit hardi et le cœur timide, le cardinal Mazarin, dit-il, avoit plus de hardiesse dans le cœur que dans l'esprit 3. » Mazarin avait commencé par être militaire ; il avoit donné plus d'une preuve d'intrépidité, particulièrement à Casai, où il se jeta entre deux armées toutes prêtes à en venir aux mains. Sans doute il s'appliquait à conjurer les périls, mais, quand il n'avait pu les prévenir, il savait y faire face avec fermeté. Mazarin n'était donc pas

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