Mémoires, t. LI de la collect. Petitot, p
2. Recueil, etc., p. 133 : « Je ne pouvois désirer une plus grande consolation dans mes malheurs que la permission que vous me donnez d'aller à Dampierre; la crainte que vous me témoignez avoir qu'on me surprenne sur les chemins est très obligeante, mais je prendrai si bien garde à moi que ce malheur ne m'arrivera pas. Je ne marcherai point de jour, et les nuits sont si obscures que je ne serai vu de personne. »
3. IVe carnet, p. 1 : « Hébert, mestre d'hôtel di Mma di Cheverosa, tre volte in tre giorni a Aneto dà M. di Vendomo. »
4. IVe carnet, p. 3 : « Lettera per altra stada di Cheverosa alla îegina. »
hâter son départ1. On lui envoyait Montaigu, on lui envoyait La Porte2. Elle les recevait avec hauteur, et différait sous divers prétextes. Nous avons vu qu'en allant au-devant d'elle, à son retour de Bruxelles, Montaigu lui avait offert, de la part de la reine et de Mazarin, de lui payer les dettes qu'elle avait contractées pendant tant d'années d'exil; elle avait déjà reçu de grosses sommes; elle ne voulait partir qu'après que la reine aurait accompli toutes ses promesses3. Elle quitta la cour et Paris la douleur dans l'âme et en frémissant, comme Annibal en quittant l'Italie. Elle sentait que la cour et Paris et l'intérieur de la reine étaient le vrai champ de bataille, et que s'éloigner, c'était abandonner la victoire à l'ennemi. Sa retraite fut un deuil à tout le parti catholique, aux amis de la paix et de l'alliance espagnole, et au contraire une joie publique pour les amis de l'alliance protestante. Le comte d'Estrade vint au Louvre de la part du prince d'Orange, auprès duquel il était
1 . IIIe carnet, p. 81 et 82 : « Allontanar Cheverosa che fà mille caballe. »
2. La Châtre, ibid. Voyez aussi une lettre inédite de La Porte, Bibliothèque nationale, IIe portefeuille du docteur Valant, p. 107. Voyez L'Appendice.
3. IIIe carnet, p. 86 : M™* di Cheverosa sortita havendo somme considerabili di denari contanti. S. M. sa hen li suoi disegni, e che se li da 200 mil lire, corne prétende, vi havrà havute 400 mil lire. » Journal d'Olivier d'Ormesson : «19 septembre. Au conseil, j'ouïs Monsieur demander si on avoit payé les deux cent mille livres à Mme de Chevreuse qu'on lui avoit promises. » La Châtie, ibid. : « Elle s'opiniàtra de toucher, avant que de partir, quelque argent qu'on lui avoit promis. »