NEUVIÈME CARNET, ANNEE 1647 ET
P. 12: « Le bruit de Paris est que je fais partir la Reine parce que Mrae la Princesse acqueroit trop de crédit auprès de sa Majesté, que pour cet effet Mme de Montbazon vi è andata, che per mezzo suo si tratta Taggiustamento di Mma di Gheverosa per farla ritornare e metterla contra la detta Principessa, la quale a me medesimo ha parlato di questo, ma mostrando di ridersene. »
P. 28 : « Trattare che il duca di Lorena , facendo dichiarare nullo il matrimonio con la Duchessa che è in Francia, alla quale si potrebbe dar molti avantaggi per la sua vita durante sopra la Lorena, et il detto Duca rinuntiando alla Lorena fosse, per una remissione juridica del Re d'oggi 2, e dalli popoli acclamato Re di Portogallo, a conditione che
1. On reconnaît à quel point Mazarin était bien informe'. Voyez plus bas le Mémoire de l'abbé de Merci.
•2. Le roi de Portugal, Jean IV, n'avait alors qu'un fils, Alphonse VI, dit l'Impuissant, le prince dom Pèdre, depuis r :>', n'étant né qu'en I64S, la 23 avril.
388 APPENDICE. CHAPITRES IIIe, IVe ET Ve.
il regno ritornerebbe al figlio, il quale si potrebbe maritar con la figlia del detto Duca1, che sarebbe per la dissoluzione del primo matrimonio légitime La Francia potrebbe in questo caso obligarse non solamente a fornir le cose necessarie per il tragetto del detto Duca, délia sua casa e sue truppe in Portogallo, ma ancora di fornire dell' altre, e promettere una assistenza annua per la sussistenza e la conservazione di esse. » P. 33: « 16 décembre 1G47. Le marquis M., outre le discours qu'il m'a tenu de la campagne passée, soutenant que l'Archiduc, contre l'avis de tous les chefs de guerre, avoit attaqué Dixmude 2 avec cinq mille hommes de pied et dix mille chevaux, sachant qu'il y avoit près de trois mille hommes dans la place et les recrues des régiments , et soutenant ledit marquis qu'on ne pouvait pis faire de nostre côté ni pour défendre la place ni pour la secourir, et que cela a grandement servi à relever la réputation dudit Archiduc en Flandre et à faire concevoir une mauvaise opinion des François, c'est-à-dire de leur courage et de leurs forces, il m'a dit en outre que la pensée de l'Archiduc étoit, lorsqu'il alla à Landrecies, d'attaquer Saint-Quentin, et que cela se fut fait s'il y eut eu moien pour les vivres. Il croit qu'il songe a présent a la môme chose pour la campagne prochaine, mais surtout de faire des armées pour en faire entrer une en France du côte de la Champagne, composée de cinq mille chevaux et six mille hommes de pied; et c'est un ancien dessein auquel l'Archiduc a ordre d'Espagne de songer, et en son particulier il est bien persuadé qu'on De peut rien faire de meilleur. Il aura deux mille Espagnols d'Espagne où il envoie trois mille Vallons ; il aura infailliblement, a ce qu'il croit, quatre mille hommes d'Allemagne, infanterie et cavalerie, et déjà a envoyé l'argent pour en faire venir au plustôt. Il dit que l'Archiduc est déjà d'accord avec le duc de Lorraine qui promet de mettre ses troupes a dix mille hommes; mais le marquis ne croit pas qu'il en puisse venir a bout , non obstant gran nombre de prisonniers françois qu'il tire des prisons pour les faire servir dans son corps. On assure qu'il y a déjà la moitié des François dans les troupes de Lorraine. Il dit que l'Archiduc aura ses places garnies , qu'on songe aussi a Rocroy, et que sans l'attaquer on croit qu'une armée entrant dans certain endroit de la Champagne peut aller sans obstacle jusques a Soissons,et que Mme de Chevreuse et les François qui donnent
1. Anne de Lorraine, fille de Charles IV et de Be'atrix de Cusance, née le 28 août 1639.
2 Pris par Rantzaw le 13 juillet 1647, repris par l'archiduc peu de temps après.
des advis de là assurent qu'avec cela tout sera sens dessus dessous. »
P. 68 : « Escrire une lettre du Roi a Saint-Ibar de venir ici rendre compte de ses actions; la lui faire rendre par M. l'ambassadeur, et passer outre en cas qu'il ne vienne pas. »
P. 73 : « Moron (?) porta lettere di Mma di Cheverosa per la Regina e per me. Saper dà S. M. se si devono ricevere, et, a mio parère, non si devono. »
P. 92 et 93 : « La Reyne pourra faire une réprimande a Brion. Il reçoit des lettres de M. de Beaufort. Serliere, dans la maison duquel ledit Beaufort a logé, vient ici et est entretenu de Brion. Sa légèreté ne vaut rien en ce rencontre. Sa vieille affection pour Mme de Nemours * agit en ce rencontre au préjudice de SaMajesté, et de l'avantage du dit Brion , lequel mesme a oblié ce qu'il doit a Sa Majesté et a moi. A parlé a S. Alt. R. avantagieusement pour M. de Beaufort... M. de Mesmes, M. d'Avaux et M. de Chatonof se sont rencontrés a la maison de Bourdier. Il semble un rendez-vous, et que quelqu'un ait travaglié pour les faire voir ensemble.
« A quoi peut estre bon pour moi le commandeur de Jars ? Toute sa passion est pour Chatonof. Après lui avoir fait donner deux abbayes qui valent vingt mille livres de rente, et une commanderie qui vaut autant, lui avoir fait donner des gratifications d'argent assez considérables , l'avoir traité avec affection et familiarité, je ne trouve pas qu'il m'ait jamais donné le moindre avis qui put regarder mon service, quoique dans les compagnies où il s'est trouvé il aye entendu des choses qui me regardoient, et dernièrement a Petitbourg, s'étant apperçu que S. A. R. étoit fâchée, il ne m'en dit rien comme fit Gersé. D'ailleurs il trouve à redire a tout ce qui se fait. Les malheurs qui arrivent, a son dire, on les pouvoit empescher, et M. de Chatonof l'eut fait sans doute, et les avantages que nous remportons eussent été plus grands si le susdit s'en fut meslé. Dans les occasions, donne ses coups auprès de la Reyne pour l'eschauffer en certaines rencontres. Enfin c'est une peste de la cour. »
P. 97 : « Les caballes de dehors qui agissent dans le Parlement sont celles de M. de Chatonof et de Beaufort. Beaufort avoit escrit une lettre fort souple, et dans laquelle il demandoit protection a M. le Prince, mais les Importans ont conseillé de ne la point rendre, parce qu'elle auroit fait un méchant effet a l'égard de S. A. R., et n'eut pu rien produire, M. le Prince ne devant demeurer ici qu'un jour ou deux. »