‹ Madame de Chevreuse et Madame de hautefortChapitre 199 sur 215 · SUR L'ARRESTATION DE BEAUFORT · texte numérisé non relu

SUR L'ARRESTATION DE BEAUFORT

plus longue que pour prier Dieu, qu'il vous ait, Monsieur, en sa sainte et digne garde.

« Escrit à Paris, le 13 septembre 1643.

« Signé Louis, et plus bas

« Le Tellier. »

NOTE TROISIÈME

Pièces relatives à la conspiration,

Archives des affaires étrangères, France, t. CVI. Ce rapport d'un agent inconnu de Mazarin est certainement de la fin de septembre 1643. Il est, ainsi que le suivant, la source de plus d'une note des Carnets, et tous deux se peuvent utilement joindre aux Mémoires d'Henri de Campion.

« Avis de ce qui se fesoit et disoit à Anet , et touchant Campion.

« Le sieur de Campion (évidemment Alexandre de Campion) estant à Tbostel de Chevreuse et voulant s'en retourner au Louvre, fut conseillé par MM. de Guise et d'Espernon, qui estoient pour lors aussi au dit hostel, de n'y point aller, et pris resolution d'attendre le retour de Mme de Chevreuse qui estoit chez la Reyne ; au retour de laquelle il se résolut de n'y point aller, ni même ne fut pas coucher en son logis qui estoit rue Grenelle chez des baigneurs, et lui fut dit que le bruit couroit chez la Reyne qu'il estoit arresté.

« Le dit Campion fut adverti qu'il eut promptement à se sauver par M. de Reauregard qui se mit en chaise dans l'hôtel de Vendosme pour faire ses visites en assurance pour advertir tous ceux qu'il desiroit, craignant aussi qu'il ne fut arresté et recognu. Et M. de Vendosme estoit fort en peine si Campion n'estoit pas arresté, mais on lui dit que le dit sieur de Reauregard lui en avoit donné avis.

« Le dit Campion sitost averti monta à cheval, et de Paris s'en vint

394 APPENDICE. CHAPITRES IIP, IVe ET V.

à Versailles où il fut deux jours en attendant les ordres de M. de Vendosme, etc.

« M. de Vendosme est parti d'Anet à cheval avec Beauregard et trois autres de ses gentilshommes pour aller parler au dit Campion , et pour cet effet envoya devant le dit Beauregard trouver le dit Campion en son logis à Vert, qui est à quatre lieues ou trois d'Anet, à une lieue à côté de Dreux, pour que le dit Campion eut à s'en venir au devant de M. de Vendosme sur le chemin au rendez-vous, entre Anet et Vert; ce qui fut fait, et la se parlèrent fort M. de Vendosme, Beauregard et Campion seulement, les trois autres gentilshommes étant éloignés d'eux et n'étant pas de la conférence. Le dit CampioD ne va point assurément à Anet parce que M. de Vendosme craint que cela ne soit sçu.

« Le frère de Campion (Henri) est toujours à Anet l. Brillet y est aussi. « Le dit Campion (Alexandre) est toujours en crainte. Beauregard l'allant visiter ces jours passés chez lui à Vert et courant dans son village, lui Campion et sa femme eurent appréhension, entendant le bruit des chevaux, en se promenant proche le logis. « Le dit Campion a conférence par lettre avec Mme de Chevreuse. « Le dit Campion est toujours en visite chez le voisinage tantost d'un costé, et tantost de l'autre.

« M. de Vendosme a force avis de Paris et a tousjours du monde à cheval qui vont et viennent de costé et d'autre.

« Il a retranché beaucoup de sa maison. De vingt -cinq officiers de cuisine, il n'en a plus que trois. Pour ses gentilshommes, il garde tout, et on dit qu'il vend une partie de ses coureurs , et tout ceci se fait à dessein que la Reyne et monseigneur le Cardinal voyent qu'il n'a aucun dessein.

« M. de Vendosme fait faire amas d'avoine et fait achepter des chevaux sous main.

« M. de Vendosme envoya en grande diligence à cheval donner advis à Campion qu'il eut à ne se tenir en sa maison à Vert et qu'il a voit eu advis qu'il y avoit ordre à le prendre. Le courrier le trouva dînant avec sa femme et Beauregard. Ceci par relation du courrier mesme, qui est une chose très véritable. Ce fut jeudy vingt-trois septembre ; et aussitost il monta à cheval avec deux de ses gens, chacun sur bons chevaux, avec pistolets et fusil.

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