‹ Madame de Chevreuse et Madame de hautefortChapitre 46 sur 215 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

lant toujours de la France comme il appartenait à l'ancienne connétable de Luynes 1.

Néanmoins, quelque agrément que lui donnât en Espagne la faveur déclarée du roi , de la reine et du premier ministre, elle n'y demeura pas longtemps. La guerre des deux pays rendait sa situation trop délicate ; ses lettres pénétraient difficilement en France ; on n'osait lui écrire , tant la police de Richelieu était redoutée, tant on craignait d'être accusé de correspondre avec l'ennemi et avec Mnie de Chevreuse. L'intendant même de sa maison, Boispille, recevant d'elle une lettre, dit au messager qui lui demandait une réponse : ÎNous ne faisons pas de réponse en Espagne. Aussi, pour avoir plus de liberté et pour être plus près de la France, elle prit le parti de passer dans un pays neutre et même ami, et au commencement de l'année 1638 elle arriva en Angleterre.

Mme de Chevreuse fut reçue et traitée à Londres comme elle l'avait été à Madrid. Elle y retrouva le premier de ses adorateurs, le comte de Holland, lord Montaigu, toujours enflammé pour elle 2, Craft, et

1 . Bibliothèque nationale, Manuscrits de Colbert, affaires de France, in-fol., t. II, fol. 9. Mémoire de ce que Mme de Chevreuse a donné charge au skur de Boispille de dire a monseigneur le cardinal : « Elle ne s'est obligée à rien du tout en Espagne et ne se trouvera pas qu'elle ait pris un teston, fors les bonnes chères et traitemens... Elle a parlé comme elle clevoit en Espagne, et croit que c'est une des choses qui l'a le plus fait estimer du comte-duc. »

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