‹ Madame de Chevreuse et Madame de hautefortChapitre 47 sur 215 · Mémoires de Richelieu, tome X, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Richelieu, tome X, p

bien d'autres gentilshommes, anglais et français, qui s'empressèrent de lui faire cortège. Elle charma particulièrement le roi et la reine. Elle avait toujours beaucoup plu à Charles Ier, et Henriette , en revoyant celle qui autrefois l'avait conduite à son royal époux, l'embrassa, et voulut qu'elle s'assît devant elle, distinction tout à fait inusitée dans la cour d'Angleterre. Le roi et la reine écrivirent en sa faveur au roi Louis XIII, à la reine Anne et au cardinal de Richelieu. Mm" de Ghevreiise réclamait la pleine et entière jouissance de son bien , qui lui avait été naguère accordée et ensuite retirée depuis sa fuite en Espagne. Au printemps de 1638, la grossesse de la reine Anne, étant devenue publique, avait rempli la cour de France d'allégresse et ouvert tous les cœurs à l'espérance. Mn,c de Ghevreuse profita de cet événement pour adresser à la reine la lettre suivante qu'Anne d'Autriche pouvait très bien montrer à Louis XIII, et qui pourtant, sous sa réserve et sa circonspection diplomatique, laisse paraître la réciproque et intime affection de la reine et de l'exilée 4 :

« A la reine, ma souveraine dame.

«Madame, je ne serois pas digne de pardon si j'avais pu et manqué de rendre compte à Votre Majesté du voyage que mon malheur m'a obligée d'entreprendre. Mais la nécessité nr ayant contrainte

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