Manuscrits de Colbert, fol. 53, etc
fier à des paroles dont elles n'étaient point avares, sans exiger de sérieuses garanties qu'elles ne pouvaient ni ne voulaient donner. A Tours, deux ans auparavant, Mme de Chevreuse avait mieux aimé reprendre une seconde fois le chemin de l'exil que de risquer sa liberté ; à Londres aussi elle préféra supporter les douleurs de l'exil , consumer ses derniers beaux jours dans les privations et les fatigues, pour demeurer libre, avec l'espoir de lasser la fortune à force de courage, et de faire payer cher ses souffrances à leur auteur.
Au milieu de l'année 1639, Marie de Médicis, lasse de la vie errante qu'elle menait dans les Pays- Bas, à la merci du gouvernement espagnol, qui lui avait prodigué les promesses dans l'espoir d'en tirer parti, et qui la délaissait la voyant impuissante à le servir, résolut de venir demander un asile à sa fille, la reine d'Angleterre. Celle-ci pouvait-elle donc repousser sa mère vieille, malade, réduite aux dernières extrémités? L'impitoyable Richelieu accuse Mme de Chevreuse1 d'avoir soutenu et secondé la résolution de la reine Henriette ; nous, nous la blâmerions de ne l'avoir pas fait, et de n'avoir pas été, elle-même exilée et malheureuse, mêler ses respectueux hommages à ceux de la cour d'Angleterre envers la veuve d'Henri IV, la mère de Louis XIII