CHAPITRE TROISIÈME
11 n'était rentré en France qu'après la mort du cardinal , et, comme on se l'imagine bien, il ne respirait que vengeance. « Il avoit beaucoup d'esprit, dit Mme de Motte ville, et c'étoit tout le bien qu'on en disoit1. » Contre l'ambition des Vendôme, Mazarin suscita habilement celle des Gondé, qui ne souhaitaient pas F agrandissement d'une maison trop voisine de la leur. Ils se devaient aussi à eux-mêmes de soutenir les Brézé, devenus leurs parents par le mariage de Claire Clémence Maillé de Brézé, fille du duc et sœur du jeune et vaillant amiral, avec le duc d'Enghien; en sorte que Mazarin n'eut pas trop de peine à retenir entre des mains fidèles le commandement de la flotte et celui des grandes places maritimes de France. Mais il était bien difficile de conserver la Bretagne à La Meilleraie devant les réclamations d'un fils de Henri IV qui l'avait eue autrefois et la redemandait comme une sorte de propriété de famille. Mazarin se résigna donc à sacrifier La Meilleraie, mais il le lit le moins possible. Il persuada à la reine de s'attribuer à elle-même le gouvernement de Bretagne, et de n'y avoir qu'un lieutenant-général, charge évidemment au-dessous des Vendôme, et qui demeura à La Meilleraie. Celuici ne se pouvait offenser d'être le second de la reine, et pour tout arranger et satisfaire entièrement un