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personnage de cette importance, Mazarin demanda bientôt pour lui le titre de duc que le feu roi lui avait promis, et la survivance de la grande maîtrise de l'artillerie pour son fils, ce même fils auquel un jour il donnera, avec son nom, sa propre nièce, la belle Hortense.
Mazarin était d'autant moins porté à favoriser le duc de Vendôme, qu'il avait alors un rival dangereux auprès de la reine dans son fils cadet, le duc de Beaufort, jeune, brave, ayant tous les dehors de la loyauté et de la chevalerie, et affectant pour Anne d'Autriche un dévouement passionné, qui n'était pas fait pour déplaire. Quelques jours avant la mort du roi, elle avait remis ses enfants à sa garde. Cette marque de confiance lui avait enflé le cœur ; il conçut des espérances qu'il fit trop paraître et qui finirent par offenser la reine ; et, pour comble d'inconséquence, il se mit à porter publiquement les chaînes de la belle et décriée duchesse deMontbazon. D'ailleurs Beaufort n'avait pas même l'ombre d'un homme d'État : peu d'esprit, nul secret, incapable d'application et d'affaires, et capable seulement de quelque action hardie et violente. La Rochefoucauld nous le peint ainsi i : « Le duc de Beaufort étoit celui qui avoit conçu de plus grandes espérances ; il avoit été depuis longtemps particulièrement attaché à la