‹ Madame de HautefortChapitre 118 sur 182 · Confesseur de Richelieu · texte numérisé non relu

Confesseur de Richelieu

8. Mme de Maline, attachée au service du palais, et qui servait d'espiœ au cardinal. Voyez plus has, p. 297, et la note troisième de cet Appkidici sur les Lettitt dt JUlle de ChemeraulL

auprès da Roy de lui dire que^ si La Fayette ne se fût retirée en religion, Amadeo lui eût fait donner du poison.

« Depuis le père m'a dit que voyant La Fayette trois ou quatre jours avant qu*elle prit Thabit, elle lui dit que songeant qu*Amadeo auroit grand plaisir de sa profession, cela lui donnoit une grand*' peine.

« Il me dit aussi qu'elle s'étoit mise en si grande colère lorsqu'elle sçut que le Roy n'avoit pas voulu commander à M"'* de Senecey d'aller k sa vèture, qu'il Tavoit fallu mettre au Ut.

(En marge.) « Il m'a dit aussi ^ : Le Roy se plaint de ce que la fille est en religion. C'est lui qui l'y a fait aller; car elle dit fort bien qu'il est bizarre et inégal, et que la crainte qu'elle a eue qu'il ne changeât, l'a fait hâter d'entrer en religion.

« 7 ou 8 jours > devant la mi-août 1637, le Roy étant en mauvaise humeur contre le cardinal , comme si ledit cardinal eût eu dessein de l'empêcher d'aller vers la Cappelle, où ledit cardinal avoit tellement consenti qu'il allât, suivant la proposition que Sadite Majesté en ayoit faite, que tout étoit prêt pour partir, il dit au P. Cossin qui l'a rapporté à M. de loyers et à moi : Si le cardinal fait emmener La Fayette en Auvergne, je Tirai quérir là et la maintiendrai contre ledit cardinal, et tous les diables. Et cependant on ne songea jamais à faire aller La Fayette en Auvergne. Et ce n'est pas chose possible à un particulier d'enlever une fille d'un couvent, et à moins que d'être extravagant au dernier point on ne voudroit pas l'entreprendre.

« Le 28 août' M. de Noyers étant à Chantilly, le P. Caussin dit audit sieur de Noyers en grand secret que c'étoit le Roy qui lui avoit commandé d'écrire au cardinal pour faire revenir Patrocle^j; et cependant quand M. de Noyers en a parlé au Roy, sa Majesté a toujours dit que c'étoit une simplicité du P. Caussin. Elle a dit de même à M. de Chavigny, et à tous deux, qu'il falloit bien se garder de le faire revenir, disant toutefois audit sieur de Noyers, le 27 août, qu'il falloit le mettre à une maison à quinze lieues de

1. Note de Baluze : c Cette apostille est de la main de M. le cardinal de Bicbelieu. >

S. Note de Baloze : c Ceci est écrit de la main de M. le cardinal de Bicheliea. >

8. Note de Baloze: « Ceci est écrit de la main du secrétaire qui écrivoit alors plas ordinairement les lettres de M. le cardinal de Richelieu. C'étoit M. {CharpentieTt écrit d'abord, puis barré) Chéré. >

4. âcayer de la Keine. Voici une lettre du P. Carré, confident du cardinal, qoi porte à croire qu'ici Richelieu parle avec sincérité. Archives des A£bires étrangères, Francb, t. LXXXVI, toi. 343:

« Monseigaeor, je viens de chez M. Patrocle qui, avec sa femme, m'ayant

Paris; et c'est le Roy qui de son propre mouvement manda au cardinal le 16 août qu'il falloit éloigner cet homme pour des choses qu'il avoit découvertes, ou le mettre à couvert, et que le plus tôt qu'on le pourroit faire ce seroit le meilleur. Et c'est de plus Sa même Majesté qui fit ajouter à M. de Noyers sa femme ' dans Tordre qui fut envoyé à M. le chancelier pour les faire sortir de Paris, disant qu'elle étoit pire que son mari.

« Le 22 octobre* le P. Gossin me vint voir qui me témoigna que le Roy étoit fort content de moi. En parlant des humeurs que Sa Majesté avoit souvent contre ses serviteurs, il me dit qu'il ne savoit qui lui pouvoit parler, si ce n'étoit la demoiselle de Vieox- Pont. Il me dit qu'on persuadoit au Roy que je voulois vivre hautement avec lui, contraignant son humeur, et que Sa Majesté loi avoit dit qu'il voyoit bien le contraire.

« Il me dit qu'on lui faisoit trouver mauvais que Je n'allasse pas souvent le trouver et qu'il vint chez moi, et qu'il lui avoit dit: Il va bien chez M™« de Gombalet.

a Nota' que le Roy a voulu de son propre mouvement s'accoatamer à venir chez moi, tant à cause de mes incommodités que poor y être plus libre, me l'ayant dit plusieurs fois.

fait appeler, m'a raconté ses infortunes, et étant seul avec moi m'a fait récit de tout ce qui s'est passé en l'histoire de la maîtresse (la Reine) et comme il l'avoit défendue et excusée au Gentilhomme (le Roi). Je lui ai dit franche* ment qu'il a mal fait en cela; il m'a avoué qu'elle avoit plus de confiance en lui qu'en son secrétaire, et que lui l'a portée à se découvrir à votre Éminence, et qu'il avoit écrit à la grand'mère (M»* de La Flotte, grand'min de Mil* d'Hautefort) qu'elle fit son possible afin que la maîtresse (la Reine) entre en grande confiance avec votre Éminence. Il avoit quelque appréhension que son malheur fût venu des rapports qu'on avoit faits à son Éminence contre lui. Je l'ai assuré du contraire^ lui rapportant ce que votre bonté m'avoit dit en sa faveur, à la fenêtre, à Ruel ; ce qui l'a beaucoup consolé. 11 m'a expliqué toutes choses en particulier que votre Éminence sçait mieox que moi, et, étant le secret du Roy, elle seroit fâchée si je le mettois en hazard sur ce papier. Tout ce qu'il y a à travailler, est que la maîtresse (la Reine) connoisse les extrêmes obligations qu'elle a à votre bonté, etqnelidessus se fonde une solide et très-étroite confiance, sans laquelle jamais le Gentilhomme (le Roi) ne la pourra croire entièrement convertie. C'est rarii et le souhait perpétuel de,

c Monseigneur^

« Votre très humble, etc

c F (rère) Jban-Baftistb Cabbi.

« De votre noviciat général, ce 19 aoftt 1637. » 1. La femme de Patrocle.

8. Note de Baluze : « Ceci est écrit de la main de M. le cardinal de Richeliêtt» 8. En marge, et toujours de la main de Richelieu.

m* DE LA FAYETTE. Î97

« Le 10 novembre, le P. Cossin me vint voir et me dit que le Roy Ta voit envoyé pour lui dire qu*il étoit très-K^ontent de moi. Ensuite il me dit que le Roy lui aToit dit qu'il voyoit bien que j'aimois maintenant La Fayette, que je lui en avois fort bien parlé, que j*avois bien reçu son frère, et choses semblables. Il me dit encore que le Roy lui avoit donné charge de me dire que je ne fusse plus à Tavenir si soupçonneux, et ajouta: « Il vous accuse d*ôtre soupçonneux, et c'est lui qui Test, et c'est son défaut. »

« Quand ^ La Fayette * vint de Hollande, on lui dit qu'il all&t trouver M. de Ghavigny pour le présenter au cardinal, qu'il vit ledit sieor de Chayigny sans grands complimens et le cardinal sans s'engager à lui, et qu'il hant&t peu les habitués chez le cardinal, et peu d'autres gens que Lucas, Dumont, Annery, etc. >

« En la yisite que le Roy fit à La Fayette, elle lui parla pour faire donner l'évêché de Paris, qu'on disoit lors vacant, au P. de Gondy ^, ce que le Roy refusa disant qu'il falloit qu'il le donnât à Amadeo et fit encore deux ou trois choses pour lui et pour les siens. »

Suite des affaires du P. Caussin et de la cabale qui lut

étoit jointe >.

« Vers le ^^^* décembre, disant au Roy que j 'avois sçu, lorsque II. l'archevêque de Paris étoit malade, que la caJi)ale lui avoit parlé pour empêcher qu'il ne me donn&t son évéché, ainsi qu'il en avoit intention, sa Majesté me fit l'honneur de me dire qu'il étoit vrai que le P. Caussin lui en avoit parlé par trois fois différentes, tendant à le faire donner au P. Gondy, et que le Roy lui disant que d^à deux ou trois fois qu'il avoit cuidé vaquer il me l'avoit promis sans que j'y pensasse, s'il ne continuoit cette bonne volonté, je serois décrédité, paroissant que j'aurois moins de part en ses bonnes grâces que par le passé, ledit père avoit fait ce qu'il avoit pu pour persuader au Roi que si j 'avois cette charge je m'en servirois pour persécuter La Fayette; sur quoi le Roy avoit été contraint de lui dire qu'il répondoit que je ne le ferois pas.

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