Le fils du prétendu valet de chambre
didc demande dans une si bonne œaTre comme celle-là. Je I*ai indait à se découvrir et fier entièrement & votre Éminence. II a ou feint d'avoir du mécontentement du R. P. Joseph. Il m'a dit entre autres choses que l'écrivain et entremetteur^ a dit à la nièce qu'il avoit copié mot à mot la lettre que le gentilhomme > avoit tracée de sa propre main ; quod est notandum. Il m'a dit encore que le gentilhomme ne pouvoit être attaché à votre Éminence que par intérêt, et qu'il seroit pour la ruiner tout à un instant si quelque esprit fort entreprenoit de lui persuader que ses affaires pourroient réussir sans votre conduite. Il dit que son fils étant proche de lui pourroit découvrir tous les desseins dans leur semence et naissance contre votre Éminence. Ce fils est subtil, et bat froid, et est bien dans l'esprit du gentilhomme, etc., etc.
« De votre noviciat général, ce mardi saint, i une heure, 1637. »
Toutes ces basses menées, tristes et accoutumées compagnes des plus grands desseins de Richelieu, fînireût par produire leur effet, grâce à la vertu de Louis XIII et à celle de M"« de La Fayette; et le 19 mai 1637, le P. Carré put écrire au cardinal que celle qu'il avait tant redoutée entrait ce jour m^me au couvent de la Visitation. Mais M"" de La Fayette, en se faisant religieuse, se déchirait tellement le cœur, quelque fermeté qu'elle ait montrée en ses derniers adieux au Roi et à la Reine, comme l'atteste M"« de Motteville, qu'à peine arrivée au couvent elle tomba malade; c'est le P. Carré qui nous apprend cette particularité touchante et signiflcative. Le Roi eut aussi bien du chagrin; il se consola un peu lorsque plus tard il lui fut permis d'aller voir M^*« de La Fayette à la grille du monastère où elle s'était retirée; puis il avait un si grand besoin d'avoir auprès de lui une personne avec laquelle il pût s'entretenir en toute confiance, qu'un mois après le départ de M"« de La Fayette il se rapprocha de M"*^ de Hautefort, et sans cesser d'ai-
1. D*après ce qui ect dit plms haut, cet écrivain seiait Boisenval. %, Le Koi.
mer tendrement l'une, reprit pour l'autre son ancienne tendresse, qui s'accrut chaque jour et donna encore plus d'ombrages qu'autrefois à Richelieu. Il paraît certain qae, comme M"« de Sénecé voulait retenir à la cour M"« de La Fayette, ainsi M"« de La Flotte, grand'mère de M^f de Hautefort, fut charmée de voir sa petite-fille rentrer en faveur; elle s'y prêta de fort bonne grâce, ou même y travailla, et, par l'intermédiaire du P. Carré, entretint quelque intelligence avec le cardinal. Cela nous rappelle que la pieuse biographe de M"« de Hautefort, sans jamais accuser M"« de La Flotte, s'abstient aussi d'en faire aucun éloge, et même avoue qu'elle était bien loin d'être aussi généreuse que sa petite-fille, et n'imitait pas la libéralité avec laquelle la belle dame d'atours abandonnait les menus avantages de sa charge aux femmes de service placées sous ses ordres. (Voyez, plus haut, p. 172.) Le P. Carré montre M"« de La Flotte assez intéressée, ne demandant pas mieux que de complaire au cardinal et entraînant un peu la jeune fille sur laquelle elle avait toute autorité; un an après, nous la verrons s'efforcer de se faire donner la place de gouvernante des enfants de France. On peut de là se faire une idée des obstacles domestiques que rencontra M"® de Hautefort à son inviolable fidélité envers la reine Anne, et le caractère assez peu élevé de la grand'mère doit augmenter notre admiration pour la générosité et la grandeur d'âme de la petite-fille.
iBiD., t. LXXXV, foL 56».
(c Monseigneur,
« Uier Je reçot ane lettre du valet de chambre par laquelle U m*avertf88oit qu'anjourdliui la nièce yiendroit, et entreroit dans le monastère. AaJoiiid*hui il m*a écrit encore, me disant que ce ne serojl pas loi qjû faccompagneroit, mais son Ueutenant, et partant
que la nièce ne me Tiendroit voir auparavant son entrée, mais qa*elle m'envoiroit chercher après. Je m*en rapporte à ce qui en sera; une chose sais-Je bien, que ceux qui Font détournée de faire auparavant ce qu'elle a fait aujourdliui^ Tout comme violentée et obligée de ne me point voir, sachant très-bien qu'elle avoit en moi une confiance toute particulière et extraordinaire. Or Je ne doute pas que si le valet de chambre a trempé dans ce conseil, il ne Paye détournée de me communiquer, tant pour complaire à l'oncle et à la tante, que poar Tempècher de me faire connoitre de sa propre bouche s'il a trempé au délai de ladite nièce en l'exécution de son dessein. Si Je lui puis parler seul, je crois que J'en saurai quelque chose; mais le cœur me dit que Ton l'empêchera de me communiquer franchement. Ohî que de secrets l'on apprendra de cette fille, que j'estime nécessaires à votre Éminence !... etc.
« De votre noviciat général, ce 19 ma 1G87. •
Une lettre du 28 mai :
a Monseigneur,
« Je crois que votre Éminence n'a pas douté de ma réjouissance de la retraite de la nièce... »
Ibid., 8 Juin.
«... Hier la grand'mère^ me dit qu'on avoit médit de sa fille > aa gentilhomme ^ à savoir qu'elle avoit dit qu'elle étoit bien marrie que la nièce étoit retirée parce qu'il l'importuneroit souvent d'ici en avant; ce que le gentilhomme a dit à M. de SouvréS ijoutant qu'il la serviroit toujours au besoin...
« Hier une personne de qualité me vint voir qui me déclara comme un certain abbé de Boulainvilliers des Pava-Bas senroh ici d'espion, que depuis cet hiver il avoit envoyé seizs on dix-tept messages exprès en Flandre qui décréditent extraordinaireme&i les armes de Sa Majesté et relèvent grandement celles de Flandre, pa^ lant avec grand mépris du Roi et de votre Éminence. Dieu a pennia qu'il a offensé cette dame de qualité qui est très-vertaeoaey ^ m*