Vraisemblablement Mil* de Chémeraolt, qni la trahissait
8. Le pont dont on lui avait donné le péage. Le 26 juillet de cette mémo année 1638, Bullion écrit à Richelieu : t M** de Hautefort est devenue folle avec l'affaire du pont. On lui avoit mis dans l'esprit de faire les pUes de pierres de taille. Je lai ai fait connottre que ce n'étoit pas on ouvrage de quatre mois, et outre cela que la dépense en seroit excessive. J'estime qu'il en faut continuer l'ouvrage suivant le dessein que M. de Noyers en a projeté, et tâcher de régler le différend des propriétaires avec M»* de Hautefort... • Ibid,, t. LXXXVni, fol. 109.
ensuite de Tassurance que Je loi ai donnée que vous la mettriez bientôt en état d'en jouir.
« Cela va bien entre le maître et elle. Ce sont de grands cornplimens et regrets sur le sujet de la séparation i. Je dois demeurer deux ou trois jours après le partement pour en reporter des nouvelles. J'aurai l'honneur de vous voir et de vous en dire davantage.
a La goutte est apaisée de moitié depuis la résolution du voyage. Il prend médecine cette nuit pour partir lundi pour coucher à Luzarcbe, mardi à Saint-Just et mercredi à Amiens.
« Ce jeudi à minuit. »
IBID., t. LXXXXI, fol. 68, etc. liars (1639).
« Monsieur,
Je ne veux pas manquer de vous rendre compte de ce qui s'est passé ici depuis que vous en êtes parti, dans la croyance que j'ai qu'il est à propos que Monseigneur le cardinal le sache. Le Roi au retour de la chasse m'a témoigné qu'il ne pouvoitplus demeurer ici, sil ne se racommodoit, et a pris résolution d'aller parler à M"** de La Flotte, dans laquelle résolution Je l'ai fortifié, lui disant qu'il ne pouvoit mieux faire que de se racommoder par le moyen de la bonne femme. Il est allé à même temps la trouver chez la Reine et l'a entretenue une bonne heure et demie, et après l'avoir quittée, il a pris Ghemerault et l'a priée de le racommoder avec M*"* de Hautefort et l'a entretenue un quart d'heure. Après cela, il est revenu dans son cabinet, et m'a dit que Chemeraultl'alloit racommoder, et m'a témoigné avoir une grande joie de cela. Il m'a dit aussi que Chemerault lui avoit dit qu'il y avoit des mécbans esprits auprès de lui qui lui rendoient de mauvais offices, et a parlé de moi. Il dit qu'il l'a assurée que Je ne lui avois jamais seulement nommé son nom. Je ne vous dirai point toutes les choses que je lui ai dites, remettant à vous les dire de bouche : mais je vois que son but va à entretenir Chemerault sous le prétexte de M""* de Hautefort et de la faire enrager. Il dit qu'il n'a point de biais plus assuré que celui-là pour les mettre mal ensemble. Voilà son prétexte; mais ce n'est pas son sentiment; car je ne doute pas qu'il ait dessein de s'acommoder avec Che« merault. Je le connois par ses gestes et façons de faire auprès d'elle. n m'a dit aussi qu'il ne falloit plus envoyer deux fois de suite une même personne voir M"*« de Hautefort de sa part , crainte qu'elle ne le gagnât, et qu'il falloit y envoyer tantôt Bellebrune et tantôt Honteson, et leur dire que s'ils trahissoient l'on les chasseroit
1. Le Roi devait aller pour quelque temps à l'année, près d'Amiens.
Il a donc retourné chez la Reine après souper, où les deux per* sonnes étolent de compagnie dans la ruelle du lit, où il les est allé trouver; et les ayant abordées il a fait son compliment à M*"' de Hautefort et à l*autre aussi; maisj'ai reconnu une grande froidear dans le visage de M*^* de Hautefort, et une grande gaieté dans celui de Tautre. La conversation n'a pas été longue, et la musique est venue ensuite qui a chanté ses deux airs^^ qu'il nous a fait ouir. La petite a plus approuvé mille fois que jamais n'approuva M. >, et les prunelles ont Joué de part et d'autre, l'une assez hardiment, comme dit M. *, et l'autre dans sa gravité mélancolique ordinaire. J'attends ce qu'il me dira pour parachever ma lettre ; mais tout ceci est bien à considérer, et particulièrement qu'il n'a point voulu le racommodement que par le moyen de cette personne-là. Avant que le Roi retournât chez la Reine et qu'il eût parlé à elle , Lalande m'est yena trouver de la part de M"^* La Flotte pour me dire qu'elle meprioit de dire au Roi de la part de sa fille qu'elle supplioit Sa Majesté qu'elle ne se racommodàt point par le moyen de Chemerault. Je lai ai répondu que je ne me mêlois point de cela, et que je ne pouvois pas croire que H** de Hautefort m'en avouât, si je l'avois fait, étant en l'état où j'étois auprès des deux filles, mais toutefois que je l'honorois à un point que si elle vouloit me commander quelque chose de sa bouche positivement pour dire au Roi , je le ferois, mais autrement non ; ce qu'elle n'a pas fait. Toutefois je n'ai pas laissé de le dire au Roi comme (le) tenant de Lalande, et de lui en faire qdo confidence pour servir en ce qu'il pourroit. D'abord il a été surpris; mais voyant que c'étoit une confidence, et que je ne lui disois point de la part de la dame, il a témoigné une grande joie, disant que son dessein commençoit à réussir. En un mot je reconnois que l'inclinar tion ne va nullement à la dame ^, mais bien à la demoiselle, et de tout cela plus nous y rechercherons de remède et moins nous yen trouverons. Il faut laisser passer l'orage et cependant se tenir à couvert. Pour moi je ne manque point de fidélité ni à mon maître ni à mes bons amis, et tire toujours droit en besogne sans changer mon chemin ordinaire. Le Roi m'a dit que M">* de Hautefort l'avoit vooln encore picoter sur l'affaire du marquis de Gesvres, bien qu'elle eût promis à Chemerault de n'en point parler, mais qu'il n'avoit point voulu répondre. Il dit qu'il a prié Chemerault de répondre de lai i Afine de Hautefort, et qu'il a prié M!^*^ Hautefort, quand elle au-
1. évidemment deux airs composés par Louis XIIL S. Nom difficile à lire.