CHAPITRE PREMIER
la Reine, ses regards mélancoliques et passionnés avaient peine à s'éloigner de l'attrayant visage. Il la contemplait en silence, et, quand il voyait qu'on y prenait garde, il détournait sa vue d'un autre côté *. La rupture était commencée ; le cardinal la fit durer deux années entières.
Il y avait alors parmi les autres fllles d'honneur de la Reine une jeune personne de fort bonne naissance, qui, sans avoir toute la beauté de M"* de Hautefort, était aussi très-agréable. Marie était une blonde éblouissante, parée de bonne heure des charmes les plus redoutables; Louise Angélique de La Fayette était brune et délicate. Si elle n'avait pas le grand air de sa compagne, si elle n'enlevait pas l'admiration, elle plaisait par sa douceur et sa modestie. A la place de la vivacité et de la grâce, elle avait du jugement et de la fermeté, avec un cœur porté à la tendresse, mais défendu par une piété sincère '.
Les confidents du Roi, de faciles serviteurs, Saint- Simon, favori émérite, qui avait fait son traité avec le ministre et ne songeait qu'à lui complaire, bien d'autres encore, parmi lesquels on met, à tort ou à raison, l'oncle même de M"® de La Fayette, l'évoque