‹ Madame de HautefortChapitre 19 sur 182 · Montglat, coUect Petitot, t. XLIX, p · texte numérisé non relu

Montglat, coUect Petitot, t. XLIX, p

2. Il nous a été impossible, malgré toutes nos recherches, de dé* ooayrîr un portrait peint de M^" de La Fayette, et le P. Lelong ne cite d*autre portrait gravé que celui de Montcomet, auquel on ne peut se fier. C'est M"'* de Motteville qui nous apprend que M^ de La Fayette étût brune, 1. 1*', p. 72 : « LHnclination du Roi se tourna vers un objet nouveau dont la beauté brune n*étoit pas si éclatante, mais qui avec de beaux traits de visage et beaucoup d*agréments avoit aussi de la douceur et de la fermeté dans l'esprit. »

n MADAME DE HAUTEFORT.

de Limoges S portèrent Louis XIII à faire attention à la jeune fille par tout le bien qu'ils lui en dirent. Louis XIII commença à lui parler pour faire dépit à M"*' de Hautefort ; mais, comme il était homme d'habitude*, à force de la voir, Finclination lui vint pour elle, et il l'aima sérieusement. M"*» de La Fayette commença aussi* par être flattée des hommages du Roi ; puis, quand il lui ouvrit son cœur, quand il lui montra ses tristesses intérieures, ses ennuis profonds parmi les grandeurs de la royauté ; quand elle vît un des plus puissants monarques de TEurope plus misérable que le dernier de ses sujets, elle ne put se défendre d'une compassion affectueuse, elle entra dans ses peines et les adoucit en les partageant. Le Roi, se trouvant à son aise avec une femme pour la première fois de sa vie, laissa paraître tout ce qu'il y avait en lui d'esprit, d'honnêteté, de bonnes intentions, et il connut enfin la paix et la douceur d'une affection réciproque. M"® de La Fayette en effet finit

i. La Porte, Mémoires, collection Petitot, t. LIX, p. 332 : « Pendant ce temps il se fit une cabale de M. de Saint-Simon,de M. Tévèque de Limoges, de M™« de Sénecé, et de M"«« d'Esches, de Vieux-Pont et de Polignae, pour introduire M^*' de La Fayette à la place de M">* de Hautefort. Son Éminence protégea tellement cette intrigue qu*en peu de temps on vît que le Roi ne parloit plus à M™* de Hautefort, et que son grand divertissement chez la Reine étoit d'entretenir M^^® de La Fayette et de la faire chanter. » Montglat, coll. Petitot, I. XLIX, compose autrement cette cabale ; il y met Saint-Simon, bien entendu, Sanguin, maître d'hôtel ordinaire du JRoi, et le duc d'Halluin, c'est-à-dire ce même Charles de Schomberg, alors marié, et qui ne soupçonnait guère que plus tard il s'attacherait à M">* d« Hautefort tout aussi tendrement que Louis xm,

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