CHAPITRE DEUXIÈME
Cependant les événements se pressaient sur la scène mobile que M"« de Hautefort venait de quitter. Du fond de sa retraite, pendant trois années, elle assista de loin à bien des spectacles qui tour à tour agitère'jt son âme de rares joies, d'inquiètes espérance, d'eflfroi, de compassion, d'horreur. Elle recevait de fréquents et secrets messages d'Anne d'Autriche qui rassuraient de sa constante amitié. Un jour, elle reçut de sa part le portrait du petit Dauphin*, comme un présage de jours meilleurs. Quels durent être ses sentiments, lorsqu'elle apprit l'audacieuse entreprise du comte de Soissons, son triomphe à la Marfée et sa mort * I Bientôt aussi elle vit l'ambitieux étourdi qui l'avait remplacée dans le cœur du Roi, parvenu au faite de la faveur, s'en précipiter luimême, conspirer la perte de celui auquel il devait tout, et, retombé sous la main puissante qui l'avait tiré du néant, porter à vingt-deux ans sa tête sur un échafaud*. Elle vit enfin ce terrible cardinal, vainqueur de tous ses ennemis au dedans et au dehors, maître du Roi et de la France, et méditant les plus hardis desseins, succomber à ses soucis et à ses infirmités, et Louis XIII, épuisé et languissant, tout près de le suivre dans la tombe.
Anne d'Autriche n'osa pas rappeler les serviteurs
de Montignac, M. de Montalaîs, M. de ViUars, M""' de Villarceaux, M. de LeuviUe, et bien entendu le maréchal de Scbomberg. Voyei
TÂPPENDICE.
i. Vie imprimée.