‹ Madame de HautefortChapitre 6 sur 182 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

monotonie de la vie de province. La jeune fille, qui promettait d*être belle et spirituelle, ne tarda pas à s'y ennuyer. Souvent, chez M"' de La Flotte, elle entendait parler de la cour, de cette cour brillante et agitée, vers laquelle étaient tournés tous les regards, et où se décidaient les destinées de la France. Elle aussi, elle se sentit appelée à y jouer un rôle, et depuis elle racontait plaisamment qu'à onze ou douze ans, unissant déjà la plus sincère piété à cette ardeur de Tàme qu^on nomme l'ambition, elle s'enfermait dans sa chambre pour prier Dieu avec ferveur de la faire aller à la cour^. Sa prière fut exaucée : les affaires de M*"*" de La Flotte l'ayant conduite à Paris, elle y amena avec elle l'aimable enfant, dont les grâces naissantes firent partout la plus heureuse impression. Elle plut particulièrement à la princesse de Gonti, Louise-Marguerite de Guise, fille du Balafré, si célèbre par sa beauté, son esprit et sa galanterie, la brillante maîtresse de Bassompierre , l'auteur des Amowrs du grand Alcandre. La princesse la trouva si jolie qu'elle voulut la mener avec elle à la promenade, et tout le monde cherchait à deviner quelle était cette charmante personne que l'on voyait à la portière de son carrosse. Le soir on ne parla que de M"« de Hautefort, et il ne fut pas difficile d'engager la Reine mère, Marie de Médicis, à la prendre parmi ses filles d'honneur*.

Voilà donc M"* de Hautefort sur le théâtre où elle

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