‹ Madame de HautefortChapitre 7 sur 182 · Vie imprimée · texte numérisé non relu

Vie imprimée

S. En 1628, à T&ge de 12 ani.

avait tant souhaité paraître. Elle y montra des qualités qui en peu de tempe la firent aimer et admirer tout ensemble : une bonté inépuisable avec une rare fermeté, une piété vive avec infiniment d'esprit, un très-grand air tempéré par une retenue presque sévère que relevait une beauté précoce. On rappelait VAurore*, pour marquer son extrême jeunesse et son innocent éclat. En 1630, elle suivit la Reine mère à Lyon, où le Roi était tombé sérieusement malade, pendant que Richelieu était à la tète de Farmée en Italie. C'est là que Louis XIII la vit pour la première fois, et qu'il commença à la distinguer*. M"® de Hautefort avait alors quatorze ans.

Louis XIII était l'homme du monde qui ressemblait le moins à son père Henri IV : il repoussait jusqu'à l'idée du moindre dérèglement, et les beautés faciles de la cour de sa mère et de sa femme n'attiraient pas même ses regards. Mais ce cœur mélancolique et chaste avait besoin d'une affection, ou du moins d'une habitude particulière qui lui tint lieu de tout le reste et le consolât des ennuis de la royauté. La modestie aussi bien que la beauté de M"« de Hautefort le touchèrent; peu à peu il ne put se passer du plaisir de la voir et de s'entretenir avec elle ; et lorsqu'à son retour de Lyon, après la fameuse journée des Dupes, l'intérêt de l'État et sa fidélité à Richelieu

1. Vie imprimée, et Lettres de M^^ de CJmwrauît trouvées dans la cassette de M, le cardinal après sa mort, Journal de M. le carj>iNAL DUC DE RICHELIEU, édît. de 1649 et de 1665.

2. Mémoires de Montglat, t. XUX de la collection Petitot, p. 63 et 175.

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