‹ Madame de HautefortChapitre 65 sur 182 · CHAPITRE QUATRIÈME. 1643. m · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME. 1643. m

il se serait coupé les veines. Sa beauté aussi était une puissance dont elle n'abusait pas, mais qui lui faisait bien des serviteurs. Qui aurait pu s'empêcher d'aimer une créature aussi belle, aussi pure, aussi bonne I II n'y avait pas jusqu'au petit roi, alors âgé de cinq ou six ans, qui ne témoignât pour elle le goût le plus vif, attiré à son insu par le même charme qui avait captivé son père, et par cet amour instinctif de la beauté, la faiblesse des grands cœurs, qu'un jour Louis XIV devait porter si loin.

« Le Roi, encore fort jeune, avoit une extrême amitié pour M"® de Hautefort, dit la pieuse pei> sonne qui nous a laissé l'histoire de sa vie*; il l'appeloit sa femme *. Quand elle étoit incommodée, il se faisoit mettre sur son lit et jouoit avec elle, il faisoit collation dans sa chambre ; enfin il l'aimoit autant quîun enfant de son âge pouvoit aimer. » Un père jésuite d'une imagination galante, le père Lemoine, s'est plu à consacrer le souvenir de cette passion précoce et innocente dans une devise assez curieuse. On y voit* un phénix sur un brasier allumé aux rayons du soleil avec ces mots : Me quoque post ^atrem. Au bas, les armes de M"*^ de Hautefort avec cette explication :

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