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r-~ \^~r- > -— - CHAPITRE QUATRIÈME. 1643.
n'avoît de fermeté que pour les choses qu'elle aflfectioonoit extraordinairement. )> Et elle en était venue à affectionner extraordinairement Mazarin. De quelque nature que fût cette affection, elle résista à tout, à sa piété même, qui était extrême et efl!rayait tant le cardinal. Les alarmes vives et profondes qu'il laisse paraître dans ses Carnets nous peuvent donner une idée de la puissance du parti dévot sur la Régente. Parmi les hommes, celui que Mazarin craignait le plus était le vertueux évéque de Lisieux ; il avait résolu de l'éloigner à tout prix, et comme M°*« de Hautefort était de toutes les dévotes de l'intérieur de la Reine la plus sincère, la plus hardie, la plus accréditée, après avoir fait d'inutiles efforts pour la mettre de son côté, il se décida à ne rien négliger pour la perdre.
n ne pouvait lui reprocher son ambition, car elle ne demandait rien, accuser sa politique, puisqu'elle n'avait à cet égard aucune prétention, encore bien moins mettre en doute un dévouement dont elle avait donné tant de preuves; habilement il l'attaqua par son côté vulnérable : il se plaignît de sa hauteur et de la liberté trop peu respectueuse de son langage; il renouvela la manœuvre bien vulgaire, mais toujours sûre, que Richelieu avait jadis employée avec succès auprès de Louis XIII : il fit parvenir aux oreilles de la Reine, en les exagérant, les propos qui échappaient à M"" de Hautefort. Anne d'Autriche, qui n'avait pas déjà été très charmée des libres discours que lui tenait sa dame d'atours, l'excusait un peu dans la pensée que ces discours ne s'adressaient
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qu'à elle; mais un blâme public Toffensâ et Tirrita.
Mazarin eut grand soin d'entretenir cette irritation, que M"® de Hautefort ne s'appliqua pas à désarmer, et elle apprit bientôt à ses dépens combien était vraie et profonde la maxime du cardinal : Qui a le cœur a tout, qui n'a pas le cœur n'a rien. Elle perdit le cœur de la Reine, et ne se soutint plus que par le souvenir de ses anciens services, par les nombreux et puissants amis qu'elle avait à la cour et qui la défendaient hautement.
M"® de Hautefort, en effet, n'était pas seulement l'idole des Importants et du parti des saints; elle était adorée de toute la cour des plus petits et des plus grands, n'étant aiouse e personne, obligeante et même affectueuse à tout le monde. Ne demandant rien pour elle-même, elle demandait volontiers pour les autres, et c'était à elle que chacun s'adressait pour obtenir quelque grâce. Plus tard, sa charité et sa bienfaisance se déployèrent avec éclat; mais déjà à cette époque de sa vie elle était libérale bien au delà de sa très-médiocre fortune. Elle cédait généreusement aux femmes de la Reine tous les menus profits de sa charge*. La Porte, devenu valet de chambre du Roi et une sorte de personnage, lai était à ce point dévoué que pour elle, dit Mazarin ^
1. Vie imprimée : « Tous les meubles et les habits de la Reine qoi dévoient être à M*^" de Hautefort, à cause de sa charge de dame d*atours , elle les donnoit tous aux femmes de la reine, malgré M*^* de La Flotte, qui y avoit part aussi bien qu*elle, et qui n'étoit pas d'une humeur si libérale que M"^* de Hautefort. »
2. IV* Carnet, p. 67 : « Si tagliarebbe le vene per Otfort. »