Voyez M"« de Motteville, t. I, etc
2. Le marquis de La Châtre, colonel général des Suisses, qui a laissé des mémoires très-précieux pour la connaissance des intrigues qui précédèrent et suivirent la mort de Louis XIII. Il était Tami particulier du duc de Beaufort, et il fut destitué peu de temps après son arrestation. Mazarin suppose qu'il prit part à la conspiration. Bien n'était plus vraisemblable, sans être vrai. Voyez M"** de Chevreuse, chap. vi.
3. Le marquis de Gbandenier, de la maison de Rocbecbouart, un des quatre capitaines des gardes du corps. Il était neveu de M"*" de Séoecé; il devait sa place au crédit de de Noyers, quand celui-ci était ministre de la guerre, et il travailla vivement à son retour. Mazarin s'en plaint amèrement dans ses Carnets.
4. Le comte de Tréville, commandant des mousquetaires à cheval, et qui s'était fort distingué dans les guerres d'Italie. Il avait offert à Louis XIII de le délivrer de Richelieu, et il n'était guère plus favorable à Mazarin. C'est le père de ce comte de Tréville, célèbre dans la seconde moitié du xvii» siècle par le bel esjjrit, la galanterie et la dévotion, tour à tour l'ami de Lafare et des solitaires de Port- Royal, de M"»» Henriette en ses plus beaux jours, et de M*"* de Lon-
gaeville en ses plus austères pénitences.
qu'Anne d'Autriche entendît une voix qui ne fût l'écho de la sienne, il pénétra jusque dans son intérieur, avertit sévèrement ses dames d'honneur, gagna les unes, écarta ou intimida les autres. M"® de Saint- Louis, devenue M"* de Flavacourt, aima mieux recevoir son congé que de renoncer, à ses opinions, à ses amis * ; mais la pauvre M"« de Motteville fut ' réduite
1. Il est étrange que M™* de Motteville ne nomme pas une seule fois M^^* de Saint-Louis. Montglat et Mademoiselle la mettent de l)onne heure parmi les filles de la Reine. Montglat, t. I, p. 412, 420, 421, et Mademoiselle, t. I, p. 33. Mazarin la cite souvent dans ses carnets. Carnet IH, p. 3, 4, 12 et 71 : a Far retirare S' Luis; » enfin p. 81 : « Flavacourt riunisce il resto degli Important!. »
2. Mémoires, t. I, p. 207-210 et 352-353 : « Le cardinal Ifazaria me voulut aussi éloigner de la cour. La Reine qui me connoissoit depuis mon enfance, et qui savoit que j'avols des intentions droites, ne pouvoit douter de ma fidélité ; elle fut assez bonne de répondre de moi à son ministre, et comme le cardinal n*avoit pas fortement déterminé ma perte, il se laissa persuader par elle. » U fallut pourtant que M™* de Motteville s*expliquàt avec le cardinal et lui donnftt satisfaction : « Je t&chai, dit-elle, de le persuader en ma faveur; je ne m'acquis pas ses bonnes gr&ces; mais comme il avoit de la douceur et de la bénignité, et comme il avoit vu dans la Reine de Tincllnation à me protéger, il me fût aisé de guérir son esprit de ses dégoûts. Mes paroles eurent assez de force pour le convaincre de me laisser en repos et non pas assez pour me produire aucun bon effet pour ma fortune. » Ici, M*"* de Motteville ne dit pas tout : elle n*eD fut pas quitte à si bon marché ; elle dut se soumettre absolument, et, sans tomber dans aucune bassesse, s'engager à servir, et servit en effet Mazarin. Nous avons vu aux Archives des affaires étrangères des lettres autographes et inédites de M*"* de Motteville au cardinal qui ne s'accordent guère avec l'indépendance même fort modérée qu'elle se donne dans ses Mémoires. Tant il est vrai que les mémoires les plus honnêtes sont toujours mêlés d'inévitables mensonges, l'auteur se peignant naturellement par ses beaux côtés et ne se chargeant pa» de la t&che ingrate de porter témoignage contre lui-même*