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s'était sacrifiée, corps et biens, à la Conversion des sauvages de la N ou:
velle-France, qui avait fondé à Québec cette communauté des ursulines, où elle s'était si largement
dépensée, qui s'était empressée de
se rendre à Montréal lorsqu'elle
avait su que de nombreux sauvages
y étaient rassemblés pour tâcher de les convertir, qui ne croyant jamais avoir assez fait, voulait encore aller plus loin, à trois cents
lieues de Québec parmi les Hurons
pour enseigner à ces nombreuses
Le
peuplades qu’il y a un Dieu, un ps-
Vou: radis, un enfer, un J ésus-Christ
ué- crucifié pour l'amour et le salut de
ul 14 tous les hommes ; cette femme, cette | ent pieuse Mme de la Peltrie, cllait de recevoir la récompense après laelle
quelle elle soupirait depuis si long-
temps. Dieu la rappelait à lui.
MALADIE ET MORT DE MADAME DE us:
LA PELTRIE, à
Le 12 novembre 1671, Mme de d
le Peltrie fut atteinte d’une pleuré- I
sie qui l'emporta le septième jour. | L Pendant cette courte maladie les
si
vertus qu’on avait remarquées en
elle pendant sa vie, brillèrent d'un
DE
personnes qui en furent témoins, en étaient toutes surprises.
“ Jamais elle ne fut plus humble, plus affable, plus patiente, plus mortifiée, plus obéissante à la supérieure, aux ordonnances du médecin, plus pieuse, plus unie avec Dieu, plus résignée à sa sainte volonté.”
Mme de la Peltrie avait en toute sa vie un grand amour pour la pauvreté, aussi voulait-elle que la pauvreté régnât dans sa chambre
de malade comme une reine dans
ne a ee mme nm»
PRET PT Re SE tient -
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un palais; et, dans ce but, elle pria
celles qui la soignaïient d'enlever de
sur une petite table une quantité de douceurs qui ne lui étaient pas nécessaires, qui n'étaient que du superflu.
Le 15, elle fit son testament, en
présence de M. Talon, intendant,
qui avait voulu y assister, tant pour
faire honneur à la mourante, que pour donner plus d'autorité à ses dernières volontés. Le 17, son mé-
decin lui ne qu’elle ne passerait
pas ie lendemain; ellene fut ni
- aujourd'hui! c'est un jour destiné
surprise, ni effrayée, et n'avait aucun regret de mourir. “ J’estime,
dit-elle, mille fois plus le jour de ma mort, que toutes les années de ma vie.” Elle pria alors celles qui l’'entouraient de ne plus l’entretenir que de l'éternité.
Comme le lendemain elle demandait à quel jour on était et qu'on Ini répondit qu'on était au mercredi: “ Dieu soit béni, dit-elle, ah!
que je serais heureuse de mourir
elle entra en agonie.
Elle reçut les derniers Säcrements
grand vicaire de Mgr de Pétrée, avec une dévotion et une Joie extrêmes ; elle avait toute Sa COnnais- Sance, et remercia $ses chères filles Pour leur charité envers elle et les soins qu'elles lui avaient prodigués.
Elle reconnut avec beaucoup de
consolation et de satisfaction
qu'ayant tout quitté pour Notre-
fecevait le ceniu-
à honorer saint J oseph.” Peu après,
de la main de M. de Bernières,
ple dès cette vie. Ces paroles du
Sage : “ {imenti Dominum bene erit in
extremis, l'âme quia passé sa vie dans la crainte de Dieu, s’en trouvera bien à sa mort,” ont été véri- . fiées en cette pieuse dame : le jour de sa mort a été pour elle un jour de bénédiction.
Après une agonie de deux heures, Mme de la Peltrie expira doucement vers les huit heures du soir.
Elle était âgée de 68 ans, et était depuis trente-trois ans en Canada.
Sa dernière journée se. passa dans
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des désirs si ardents de voir Dieu et de le posséder que les heures lui semblaient des années et qu'elle demandait incessamment quand arriverait ce bienheureux moment qui l’unirait pour jamais à son sou- .
verain bien.
Avant de l'ensevelir, on enleva
OR Cœur pour le remettre aux révérends pères Jésuites, ainsi qu'elle l'avait ordonné dans son testament, Elle avait déclaré, toujours à cause de son extrême humilité, qu’elle
que ce Cœur fut placé dans
une petite caisse de bois, non rabo-
tée, enveloppé seulement de terre
mêlée avec de la chaux vive, et que,
dans cet état, il fut livré aux pères
Jésuites comme “ marque du respect
et de l'affection ” qu’elle a toujours eus pour leur sainte compagnie,
pour être posé et enterré sous les
marches de l'autel de leur église,
où repose le saint. Sacrement, afin
qu'il fat consommé et réduit en
poussière aux pieds de la divine
majesté,”
sh,
Le lendemain de sa mort, Mme
ee
È 76 Mapamr DE LA PELTRIE
de la Peltrie fu: ensevelie dans le chœur des religieuses dans un cercueil de plomb.
Vénérée et chérie de tous, ses ©bsèques se firent au milieu d’un COnCOurs immense de personnes de
Québec et des bourgades voisines.
Sa perte causait un deuil universel ; elle était profondément regrettée de tous, aussi “ Les larmes ne furent-elles Pas épargnées à ses obsèques, où les personnages les
plus considérables avaient tenu à
honneur d'assister.”